LE LOUP ET LES BERGERS
n Loup remply d'humanité.
il rr.
ne I rxerçast que par nece»-
,....,..nde.
298 Fables choisies.
Je suis hay, dit-il, et de qui ? de ciiacun.
Le loup est l'ennemy commun :
Chiens, Chasseurs, Villageois s'assemblent pour sa Jupiter est là-haut étourdi de leurs cris : [perte: C'est par là que de Loups l'Angleterre est déserte :
On y mit nostre teste à prix.
Il n'est hobereau qui ne fasse
Contre nous tels bans publier :
Il n'est marmot osant crier Que du Loup aussi-tost sa mère ne menace*.
Le tout pour un Asne rogneux, Pourun Mouton pourry, pour quelque Chien hargneux
Dont j'auray passé mon envie.
Et bien ne mangeons plus de chose ayant eu vie : Paissons l'herbe, broutons, mourons de faim plutost :
Est-ce une chose si cruelle?
Vaut-il mieux s'attirer la haine universelle? Disant ces mots il vid des Bergers pour leur rost
Mangeans un agneau cuit en broche.
Oh, oh, dit-il, je me reproche Le sang de cette gent ; Voila ses gardiens
S'en repaissans eux et leurs chiens ;
Et moy Loup j'en feray scrupule?
Non, par tous les Dieux, non ; je serois ridicule.
Thibaut l'agnelet passera,
Sans qu'à la broche je le mette ; Et non seulement luy, mais la mère qu'il tette,
Et le père qui l'engendra.
Ce Loup avoit raison; Est-il dit qu'on nous voye
Faire festin de toute proye, Manger les animaux, et nous les réduirons Aux mets de l'âge d'or autant que nous pourrons?
Ils n'auront ny croc ny marmite?
Bergers, bergers, le loup n'a tort
Que quand il n'est pas le plus fort :
Voulez-vous qu'il vive en hermite?