‹ Œuvres complètes de La FontaineChapitre 266 sur 333 · LES DEUX AVANTURIËRS ET LE TALISMAN · texte numérisé non relu

LES DEUX AVANTURIËRS ET LE TALISMAN

'ucun chemin de fleurs ne conduit à la gloire. ,Je n'en veux pour témoin qu'Hercule et ses travaux.

Ce Dieu n'a guère de rivaux :

J'en vois peu dans la Fable, encor moins dans l'His- En voicy pourtant un que de vieux Talismans [toire. Firent chercher fortune au pays des Romans.

Il voyageoit de compagnie.

Son camarade et luy trouvèrent un poteau,

Ayant au haut cet écriteau, Seigneur Avanturier, s'il te prend cjuelque envie De voir ce que n'a veu nul Chevalier errant,

Tu n'as qu'à passer ce torrent, Puis prenant dans tes bras un Eléphant de pierre.

Que tu verras couché par terre, Le porter d'une haleine au sommet de ce mont Qui menace les Cieux de son superbe front. L'un des deux Chevaliers seigna du nez. Si l'onde

Est rapide autant que profonde.

Dit-il, et supposé qu'on la puisse passer, Pourquoy de l'Eléphant s'aller embarrasser?

Quelle ridicule entreprise !

Le sage l'aura fait par tel art et de guisé, Qu'on le pourra porter peut-estre quatre pas : Mais jusqu'au haut du mont, d'une haleine? il n'est pas Au pouvoir d'un mortel, à moins que la figure Ne soit d'un Eléphant nain, pigmée, avorton,

Propre à mettre au bout d'un baston :

Page 1