LES SOURIS, ET LE CHAT-HUANT
ne faut jamais dire aux gens, •Ecoutez un bon mot, oyez une merveille.
Sçavez-vous si les écoûtans jEn feront une estime à la vostre pareille? Voicy pourtant un cas qui peut estre excepté. Je le maintiens prodige, et tel que d'une Fable Il a l'air et les traits, encor que véritable. On abattit un pin pour son antiquité, Vieux Palais d'un Hibou, triste et sombre retraite De l'oyseau qu'Atropos prend pour son interprète. Dans son tronc caverneux, et miné par le temps
Logeoient entre autres habitans Force Souris sans pieds, toutes rondes de graisse. L'oyseau les nourrissoit parmy des tas de bled, Et de son bec avoit leur troupeau mutilé ; Cet Oyseau raisonnoit. Il faut qu'on le confesse. En son temps aux Souris le compagnon chassa : Les premières qu'il prit du logis échapées, Pour y remédier, le drôle estropia Tout ce qu'il prit en suite. Et leurs jambes coupées Firent qu'il les mangeoit à sa commodité,
Aujourd'huy l'une, et demain l'autre.
Tout mangera la fois, l'impossibilité S'y trouvoit, joint aussi le soin de sa santé. Sa prévoyance alloit aussi loin que la nostre;
Elle alloit jusqu'à leur porter
Vivres et grains pour subsister.
Puis, qu'un Cartésien s'obstine A traiter ce Hibou de montre, et de machine,
Quel ressort luy pouvoit donner
Le conseil de tronquer un peuple mis en raué>
Si ce n'est pas U raisonner,
La raison m'est chose inconnue.
Voyez que d'argumens il fit.
Quand ce peuple est pris il s'enfuit : Donc il faut le croquer aussi-tost qu'on le hjpc. ^ Tout ; il est impossible. Et puis pour le besoin N'en dois-)e point garder? d ut avoir soin
De le nourrir sans o ■^^.
Mais commenta ostons luy les pieds. Or trouva moy
Chose par les humains i sa • -
(^el autre art de penser Ar
Enseignent-ils par vosixc ;oy r
Cecy n'tit point unr FabU^ et U (h^f« ^nny ^nt wumti- Uuse et prt . at wf ' êrrrtét. J'éj
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KPILOGUE
'est ainsi que " D<ird$ d'une onde
^Traduisoii i: Oteux. fpurc,
[ Tout ce que diicni ux
,»Tant d'estres cmprun: :. - de la ni-
Trucheman de peuples divers [lure.
Je les ' rvir d'A * n Ouvrage :
,1 parle %;
il n r»l rien qui n^il son Lui^ace.
Plus éloquens chez-eux qu'ils ne sont dans mes Vers, Si ceux que {'introduis me trouvent peu fidèle, Si mon cruvre n'est pas un assez bon modèle,
552 Fables choisies.
J'ay du moins ouvert le chemin :
D'autres pourront y mettre une dernière main. Favoris des neuf Sœurs achevez l'entreprise : Donnez mainte leçon que j'ay sans doute omise : Sous ces inventions il faut l'envelopper : M^s vous n'avez que trop dequoy vous occuper Pendant le doux employ de ma Muse innocente, Louis dompte l'Europe, et d'une main puissante Il conduit à leur fin les plus nobles projets
Qu'ait jamais formez un Monarque.
Favoris des neuf Sœurs, ce sont là des sujets
Vainqueurs du temps et de la Parque.