‹ Œuvres complètes de La FontaineChapitre 78 sur 333 · Livre troisième · texte numérisé non relu

Livre troisième

PHILOMELE ET PROGNÉ.

.utrefois Progné l'hirondelle De sa demeure s'écarta ; Kt loin des Villes s'emporta D.tns ;n bois où chantoit la pauvre Philomrje.

Ma sœur, luy dit Progné, comment vous portez-vous? Voicy tantost mille ans que l'on ne vous a vûé : Je ne me souviens point que vous soyez venue Depuis le temps de Thrace habiter parmy nous.

Diles-moy, que pensez-vous lairer Ne quitterez-vous point ce se)our solitaire? Ah ! reprit Philomele, en est-il de plus doux? Progné luy repartit ; Et quoy, cette musique

Pour ne chanter qu'aux animaux!*

Tout au plus à quelque rustique?

Le désert est-il fait pour des talens si beaux f" Venez faire aux citez éclater leurs merveilles.

Aussi bien, en voyant les bois, Sans cesse il vous souvient que Tcrée autrefois.

Parmi des demeures pareilles, Exerça sa lureur sur vos divins appas.

Et c'e^t le souvenir d'un si cruel outrage, Qui fait, reprit sa sœur, que |e ne vous suis pas.

En ■ ■■.!

Il I i.igc.

io6 Fables choisies.

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