‹ Œuvres complètes de La FontaineChapitre 82 sur 333 · Livre troisième · texte numérisé non relu

Livre troisième

Attrape les plus paresseuses.

Nous en sçavons plus d'un, dit-il en les gobant : C'est tour de vieille guerre; et vos cavernes creuses Ne vous sauveront pas; je vous en avertis;

Vous viendrez toutes au logis.

Il prophetizoit vray : nostre maistre Mitis Pour la seconde fois les trompe et les affine;

Blanchit sa robe, et s enfariné ;

Et de la sorte déguisé Se niche et se blotit dans une huche ouverte. ' Ce fut à luy bien avisé :

La jent trote menu s'en vient chercher sa perle, l'n Rat sans plus s'abstient d'aller flairer au tour. Cestoit un vieux routier; il sçavoit plus d'un tour; Mesme il avoit perdu sa queue à la bataille. Ce bloc enfariné ne me dit rien qui vaille, S'ccria-t-il de loin au General des Chats. Jç soupçonne dessous encor quelque machine.

Rien ne te sert d'estre farine; Car quand tu serois sac je n'approcherois pas. Cestoit bien dit â luy ; j approuve sa prudence.

Il estoit expérimenté ;

Et sçavoit que la méfiance

Est mère de la scureté*.

I . Dans les éditions de 1668 et de 1669, ce livre troisième A ici deux fables de plus : L'ail du Matstre, et L'alouette ft SCS petits tnec le Maistre d'un Champ; dans l'éditon de 1678, ces deux fables ont été transportées à la fin du livre quatrième.

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