‹ Œuvres complètes de La FontaineChapitre 84 sur 333 · LE BERGER ET LA MER · texte numérisé non relu

LE BERGER ET LA MER

,u rapport d'un troupeau dont il vivoit sans ' soins

Se contenta long-temps un voisin d'Amphi trile.

Si sa fortune estoit petite, Elle estoit seure tout au moins.

A la fin les trésors déchargez sur la plage Le tentèrent si bien qu'il n troupeau,

Trafiqua de l'argent, le r: sur l'eau;

Cet argent périt par naulrage.

Son maistre fut réduit à garder les Brebis ; Non plus Bercer en chef comme il estoit jadis, Quand ses p- " lent sur le rivage;

Celuy qui s» . Tircis

Fut Pierrot et rien davantage.

i. On lit dans les éditions de 1668 et de I669 les six yen suivants supprimés par La Fontaine en 1678 ;

Par i« consrilî'cnsorcf.'ans Ce Lion crut ton «d\rrv«itr.

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Fables choisies.

Au bout de quelque-temps il fit quelques profits;

Racheta des bestes à laine :

Et comme un jour les vents retenant leur haleine Laissoient paisiblement aborder les vaisseaux : Vous voulez de l'argent, ô Mesdames les Eaux, Dit-il ; adressez-vous, je vous prie, à quelque autre

Ma foy ! vous n'aurez pas le nostre.

Cecy n'est pas un conte à plaisir inventé. Je me sers de la vérité Four montrer par expérience, Qu'un sou quand il est asseuré Vaut mieux que cinq en espérance ;

Qu'il se faut contenter de sa condition;

Qu'aux conseils de la Mer et de l'Ambition Nous devons fermer les oreilles.

Pour un qui s'en louera, dix mille s'en plaindront, La Mer promet monts et merveilles;

Fiez-vous-y, les vents et les voleurs viendront.

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