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Oeuvres complètes de Le François

Dans l'ouvrage que l'on présente au public, on a principalement en vue les jeunes gens. On se propose de les prémunir contre \es progrès étranges que l'incrédulité fait tons les jours.

On embrasse dans ce plan la défense de toutes les vérités de la religion ; parce qu'il n'en est aucune qui soit aujourd'hui épargnée par les incrédules. Les uns rejettent la Divinité; les autres, en la reconnaissant, ne veulent ni esprits, ni lois, ni une autre vie : s'il en est qui ne se déclarent pas ouvertement contre ces derniers articles, ils n'y tiennent que faiblement comme à des opinions obscures et incertaines. Tous se réunissent contre la révélation : ils lui opposent la philosophie : ils se donnent pour les seuls sages qui savent penser ; ils traitent les Chrétiens de crédules aveugles, qui sont la dupe des prêtres et des moines, selon eux, encore plus ambitieux et intéressés qu'ignorants et superstitieux. Il fallait dépouiller les incrédules des litres fastueux dont ils se parent, détruire leurs sophismes, renverseï leurs systèmes; il fallait venger les Chrétiens, en démontrant que de toutes les vérités connues des hommes, la mieux établie est la vérité du christianisme.

On commence par établir la spiritualité de l'âme. Tant aue l'homme ne se connaît pas lui-môme, il ne saurait prendre qu'un petit intérêt àconnaître qui l'a fait, et pourquoi il est fait. Lui ouvrir les yeux sur l'excellence de sa nature, c'est exciter sa curiosité sur la noblesse do son origine, sur la grandeur de sa destination, sur l'importance de ses devoirs. Se prêter a une curiosité si légitime, ce n'est pas la satisfaire, ou du moins la fixer : elle n'en devient (pie plus avide de nouvelles lumières, et mieux, disposée à recevoir la révélation.

C'est flatter agréablement l'esprit d'un

Œuvres compl. de le Fhançoi . IL

jeune homme, par les avantages qu'on lui fait tirer de sa raison, que de l'aider à découvrir que son corps est la moindre partie de lui-même ; qu'il tient son être d'un principe infiniment parfait ; qu'il est une autre vie qui doit succéder à la vie présente ; qu'il n'existe pas pour vivre selon ses caprices ; qu'il est un ordre auquel il doit se conformer : mais ce n'est point le contenter. Il est naturel qu'il veuille approfondir ces vérités, en pénétrer les conséquences, savoir quels biens il peut espérer après cette vie, quels maux il a à craindre; apprendre, comment il doit honorer l'Auteur de son être, pour lui plaire, tout ce qu'il doit à lui-même, tout ce qu'il doit à ses semblables. S'il trouve la raison sourde à de si justes vœux, peut-il déllaigner la révélation qui s'offre de les remplir?

Après quelques observations sur le fondement de la certitude des faits, et sur la force des preuves historiques , on lui met entre les mains les livres de Moïse. On prouve qu'ils ne sont ni supposés, ni altérés ; que Moïse est instruit, judicieux, sincère; qu'il ne peut être soupçonné ni d'avoir voulu ni d'avoir pu en imposer aux Israélites. On prouve ensuite l'inspiration de Moïse par ses miracles, par ses prophéties, par les idées qu'il donne à l'homme de l'Auteur dp, son être, de ses devoirs, de la création, de la cause de ses misères et de leur remède dans un Libérateur qu'il lui annonce. On ne perd plus de vue une promesse si touchante. On n'est plus occupé qu'à s'assurer de son accomplissement.

On puise une idée des autres prophètes de la nation juive dans leurs écrits. On entend ces hommes célèbres chargés de prédire le temps où le Libérateur annoncé par Moïse doit se montrer à la terre; la vie qu'il doit y mener ; les changements qu'il

doit y produire. On examine l'histoire de Jésus-Christ, l'intégrité des livres qui la contiennent, la sincérité des historiens qui l'ont écrite, l'impossibilité où étaient ces écrivains d'être trompés et détromper. La vérité de cette histoire mise d.ins une pleine évidence, on la compare avec les prophéties. Il en résulte clairement que Jésus-Christ est le Libérateur promis.

On s'applique à connaître la nature de ce Libérateur. On se reml attentif à ses discours. Jésus-Christ se donne pour le Fils de Dieu, et il appuie ce titre auguste sur un nombre infini de miracles revêtus de tous les caractères nécessaires pour faire preuve ; sur des prophéties claires et circonstanciées, vérifiées par l'événement ; sur des promesses exécutées, et dont l'exécution n'est possible qu'à l'Etre suprême. Qui petit se refusera de telles preuves? Pour en sentir plus vivement le prix et la valeur, on discute les prodiges du paganisme, ses oracles, et les progrès du mahoruétisme.

Dès qu'il est constant que Jésus-Christ est Dieu , il ne reste plus qu'à l'écouter avec une soumission entière; à recevoir de sa main les livres qu'il a dictés à ses premiers disciples; à s'instruire de sa doctrine. On en recueille un précis sur ses mystères, sur sa morale, sur ses secours, sur ses promesses, sur ses menaces. On y joint des réflexions qu'inspirent la profondeur et la sainteté de celte doctrine.

Tel est Je dessein de ce nouveau Traité de la religion. On n'en présente que l'esquisse, parce que chaque partie est précédée d'un plan, et terminée par une conclusion, où l'on reprend toutes les preuves,

outre une récapitulation (\os trois premières parties, placée à la tête de la quatrième.

Il no faut pas s'attendre à trouver ici beaucoup de neuf : la matière a été maniée par trop de mains habiles pour n'être pas épuisée. L'auteur s'est fait un devoir de parler d'après les plus grands maîtres; il profite de leurs lumières et de leurs recherches ; il s'approprie, sans scrupule, leurs pensées et leurs raisonnements; il emploie leurs expressions; il revendique même ce qu'il a trouvé de bon dans les incrédules ; il n'aspire point à la gloire de passer pour auteur. L'unique but qu'il se propose, c'est d'éclaircir les difficultés les plus spécieuses que les spinosistes et les déistes étalent avec tant île pompe dans une foule d'ouvrages, soit imprimés, soit manuscrits; c'est d'établir la religion par principes; c'est de montrer comment les vérités qui la forment, sont liées et enchaînées entre elles; comment elles dérivent les unes des autres; comment celles qui sont connues évidemment, servent de base et de principes à celles qui sont moins évidentes; comment elles se soutiennent mutuellement.

A-t-on réussi? C'est au lecteur à prononcer. On le prie de tout lire. S'il a plus de goût pour les preuves sensibles, il peut couler légèrement sur quelques raisonnements métaphysiques que les adversaires que l'on combat, n'ont pas permis d'omettre, et par lesquels il a fallu commencer, pour procéder avec ordre. On espère que Dieu bénira un ouvrage que l'amour de la religion a fait entreprendre.

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