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magnificence du style. Amos , simple berger, (juand.il parle de Dieu , est aussi sublime et aussi majestueux, qu'isaïe issu du sang des rois.
IV. Les prophètes parlent.au nom de Dieu, attribuent à Dieu leurs discours et leurs prédictions. N'en concluez point , dit Spinosa, que leurs prédictions viennent de Dieu. C'est une manière de parler commune à la nation juive de tout rapporter à Dieu. Quelle sera donc la lumière des prophètes ? Est-ce que l'avenir est un livre ouvert aux hommes abandonnés à leurs ténèbres? A-qui veut-on qu'ils attribuent leurs connaissances, si ce n'est à celui qu'ils adorent comme le souverain maître du présent et de l'avenir, et qui se fait sentir à eux, de quelque manière qu'il le lasse, soit en vision, soit en songe, soit en extase, soit par un langage extérieur, soit par un langage intérieur? Mais, dit Spinosa, c'est la coutume des Juifs de tout rapporter à Dieu. Mais cette coutume fait l'éloge de ce peuple, elle met au-dessus des Socrate et des Platon, et de tout ce qu'il y a eu de plus distingué pour les lumières parmi les autres peuples de la terre. Quelle preuve plus sensible de l'idée saine que les Juifs avaient de la Divinité ? Quelle preuve plus manifeste de leur intime conviction de la vérité des prodiges opérés en faveur de leurs pères? Le bonheur des Juifs serait complet, si leurs mœurs avaient toujours répondu à leur langage. Il ne faut pas néanmoins confondre ce langage de la piété commun aux Juifs, avec le langage particulier aux prophètes. Si les Juifs rapportent tout à Dieu comme à la cause universelle ; il n'en est point parmi eux , à l'exception des prophètes, qui se donnent pour ses envoyés et ses organes.
V. Rien ne dévoile davantage l'aversion décidée de Spinosa pour la révélation, que le reproche qu'il fait aux prophètes de se contredire les uns les autres. Voyons sur quel fondement. Moïse rapporte que Dieu dit à Gain irrité contre Abel : Cest à vous de réprimer /es désirs du péché, et de le dominer. (Cm. îv, 7.) Saint Paul, dans son Epître aux Romains (m, 6, 7), enseigne que l'homme a besoin de la grâce pour réprimer les désirs du péché. Donc Moïse et saint Paul ne sont pas d'accord. Spinosa est un calomniateur. Il n'y a pas un mot dans Moïse, qui exclue le besoin de la grâce pour faire le bien; et il n'y a pas un mot dans saint Paul, qui exclue la liberté de l'homme. Ces deux vérités ne sont pas inconciliables. Il n'y a pas de bon sens à mettre deux prophètes en contradiction; parce que chacun parle, dans un endroit de leurs ouvrages, de l'une de ces vérités sans parler de l'autre.
Moïse dit que Dieu punit l'iniquité des pères sur les enfants et sur les enfants des enfants, jusqu'à la troisième et à la quatrième génération. (Exod. xxxiv, 7.) Ezéchiel (xvm, t) dit que l'âme qui a péché mourra ellemême. Entendez le texte de Moïse, des enfants qui imitent leurs pères dans leurs pré-
varications, et qui haïssent Dieu, comme il est dit au Dcutéronome , v, 9 ; et le second texte des enfants qui, voyant les crimes de leurs pères, en sont saisis de crainte, et se gardent bien de les imiter, comme il est dit dans le même c. xvm, 16, d't'zéchiel , et cherchez la contradiction. Dieu a-t-il puni les péchés d'Achaz Jans la personne d'Ezéchias? A-t-il récompensé les vertus d'Ezéchias dans son fils Manas>é ?
Samuel dit à un roi impénitent que Dieu ne changera pas l'arrêt qu'il a prononcé contre lui; qu'il demeurera inflexible sans se repentir de ce qu'il a fait : car il n'est ):as un homme pour se repentir. (I Reg. xv, 28, 29.) Jérémie au contraire fait espérer a ceux qui se convertissent , les effets de la bonté de Dieu; et il menace des effets de sa justice, ceux qui s'opiniâlrent a faire le mal. Maison
d'Israël, dit le Seigneur, sachez que
comme l'argile est dans la ?nain du potier, ainsi vous êtes dans ma main. En un instant je prononce l'arrêt contre un peuple et contre un royaume pour le perdre et pour le détruire jusqu'à la racine. Que si cette nation fait pénitence des maux pour lesquels je l'avais menacée, je me repentirai aussi moimême du mal que j'avais résolu de lui faire. En un moment, je me déclare en faveur d'un peuple et d'un royaume pour l'établir et pour l'affermir. Mais s'il pèche devant mes yeux, et qu'il n'écoute point ma voix, je me repentirai aussi du bien que j'avais résolu de lui faire. (Jer. xvm, 6 seq.)
Il est manifeste qu'il n'est question dans Jérémie que do promesses et de menaces conditionnelles; au lieu que Samuel déclare à Saùl une volonté absolue de Dieu. Où est donc la contradiction? Jérémie fait aussi peu Dieu changeant que Samuel; et l'idée qu'il donne d'abord de la grandeur de Dieu et de la petitesse de l'homme, en comparant celui-ci à de l'argile entre les mains de Dieu, exclut toute idée de changement en Dieu : car quelle raison de changer pourrait trouver Dieu dans une chose dont il dispose , comme le potier dispose de l'argile? La différence entre lesiieux prophètes ne consiste que dans les expressions. Celles qu'emploie Samuel sont propres et doivent être prises littéralement. Celles de Jérémie sont figurées et populaires. Y a-t-il un enfant qui ne sache que le terme de repentir appliqué à Dieu, signifie seulement les effets de sa puissance, qui ressemblent à ceux que le repentir produit dans les hommes?
J'en conviens, direz vous; mais il semble que dans le système de Jérémie, on ne peut sauver l'immutabilité de Dieu. Ce prophète suppose que Dieu change de volonté à l'égard des peuples, suivant qu'ils changent eux-mêmes, et que de méchants ils deviennent bons, et que de bons ils deviennent méchants. Vous vous trompez. Le changement n'est point en Dieu ; il n'est que dans l'homme. Dieu aime immuablement la vertu, et il hait immuablement le vice. 11 veut toujours punir le vice et récfvmpenser la vertu, mais le vice subsistant, et la vertu
subsistante. Le méchant devient-il bon , alors ta justice ne trouve plus rien à punir. Le bon devient-il méchant, alors la même justice ne trouve plus rien à récompenser. Le changement n'est donc pas en Dieu, mais dans la créature. Il est vrai que si Dieu n'avait la connaissance de ce changement, et qu'il ne prononçât sur ce changement que lorsqu'il arrive, on ne concevrait pas Dieu immuable ; mais c'est ce qu'on ne trouvera pas dans les prophètes. Ce que Dieu connaît et ce qu'il veut, il le connaît et le veut éternellement, comme nous l'avons remarqué plusieurs l'ois. Lorsqu'il punit ou qu'il récompense , il accomplit à notre égard ses décrets éternels de justice ou de miséricorde. E.st-il un esprit fort qui, sur de si frivoles prétextes et sur de si faibles apparences, ne rougît d'accuser de contradictions le plus vil auteur? Si ces critiques ne veu'ent pas se donner la peine d'étudier les Ecritures, qu'ils prennent du moins celle de consulter ceux qui les ont étudiées, avant de hasarder leur jugement sur ce qu'ils ignorent.
VI. Enfin le dernier reproche que Spinosa fait souvent aux prophètes, est le plus révoltant. Il les accuse de ne pas connaître Dieu. Qui parle plus dignement de Dieu que les prophètes? Qu'est-ce que Dieu, selon les prophètes? C'est l'être, c'est l'éternel, l'infini, l'immense, l'invisible, l'indépendant, le tout-puissant, l'heureux, le saint, le sage, le bon, le juste, le miséricordieux, le véritable, qui fait tout, qui gouverne tout, le créateur et le souverain maître du ciel et de la terre. Avec quelle force et quelle énergie, avec quelle noblesse et quelle majesté ne peignent-ils pas ses grandeurs, mais en même temps, avec quelle simplicité, parce qu'ils parlent à des hommes et à toutes sortes d'hommes! Il est vrai qu'on ne trouve pas dans leurs livres les termes de substance, de mode, de nature, de lois générales, de nécessité, de détermination du mouvement et une infinité d'autres qu'on trouve dans Spinosa. Quelle perte pour nous, que les prophètes n'aient pas eu un si grand maître 1 Ils nous eussent dit de Dieu de si belles choses que nous n'y entendrions rien. Mais voyons sur quoi porte le reproche de ce docteur si profund dans la connaissance de la Divinité.
Adam le premier de tous à qui Dieu s'est manifesté, fuit Dieu, se cache de devant sa face, veut excuser son péché. Donc, conclut Spinosa, Adam ignorait que Dieu fût partout , et qu'il sût tout. Mauvaise conséquence. C est l'effet du péché, d'ôter la sagesse et la réflexion; et il n'est point de pécheur qui, dans les premiers mouvements de frayeur, de honte , *de confusion inséparables du crime, ne cherche les ténèbres et les excuses, et ne voulût so cacher à soimême. Ajoutez qu'il y a beaucoup d'apparence que, lorsque Adam et Kve conservaient l'innocence, Dieu se montrait à eux sous des symboles proportionnés à leur état, et faisait leur bonhcjr et leur joie. C'est la
vue de Dieu sous ces symboles', qu'Adam et Eve prévaricateurs fuient et ne peuvent plus soutenir. (Gen. i, 3 seq.)
Le second prophète que Spinosa cite en exemple, est Abraham. Ce patriarche ne croyait pas que Dieu fût partout ni qu'il 9ût tout, puisque, ayant entendu l'arrêt porté contre Sodome, il prie le Seigneur de ne pas l'exécuter avant de s'être informé si tous les habitants sont coupables. (Gen. xvm, 23 seq.) Cet exemple n'est propre qu'à montrer la mauvaise foi de Spinosa. Abraham ne demande point au Seigneur de faire des informations. Il le prie de pardonner aux habitants de Sodôme , en faveur des justes qui pouvaient être parmi les coupables , quelque petit que fût le nombre des justes. Il était bien instruit de la science et de la justice de celui qu'il nomme le juge de la terre : mais ignorant ce qu'il suppose connu de ce souverain Juge, il demande grâce pour tous les criminels à cause d'un petit nombre d'innocents. Le troisième exemple, va fournir une nouvelle preuve de la mauvaise foi ou de l'ignorance de Spinosa.
Dieu apparaît à Moïse, et lui ordonne d'assembler les anciens d'Israël, et de leur dire que le Dieu de leurs pères a résolu de les tirer de l'Egypte. Ils écouteront votre voix, ajoute Dieu. Moïse répond : Jls ne me croiront point, et ils n écouteront point ma voix, mais ils diront : Le Seigneur ne vous a point apparu. (Exod. m, k seq.) Spinosa infère de cetta réponse que Moïse ignorait que Dieu sait tout, et qu'il est le maître des volontés humaines. Y a-t-il un mot dans cette réponse qui donne lieu à une semblable conséquence? N'est il pas visible que la réponse de Moïse n'est qu'une humble demande de quelques signes pour autoriser sa mission auprès des anciens d'Israël ? C'est , sans doute, dans ce sens qu'il faut l'entendre; puisque Dieu lui-même l'entend ainsi, en donnant à Moïse des signes capables de convaincre les anciens d'Israël qu'il leur était envoyé par le Dieu de leurs pères.
Spinosa réduit la connaissance que Moïse avait de Dieu, à l'idée d'un être qui a toujours été, qui est et qui sera, idée exprimée par le terme hébreu Jéhovah. Mais il prétend qu'il ne savait rien de sa nature, sinon que c'est un être miséricordieux et extrêmement jaloux [Exod. xx, 5) ; différent de tous les autres êtres, en sorte qu'on n'en pouvait faire aucune image qui lui ressemblât; qu'il était encore invisible, non par sa nature, mais eu égard à la faiblesse de la nature humaine.
Spinosa y pense-t-il, quand il donne pour une idée grossière et imparfaite de la Divinité, l'idée de celui qui est ? ( Exod. m, 14. )
Quelle idée plus grande et plus sublime ! Ne dit-elle pas que tout ce qui existe n'est devant lui qu'une ombre ; que l'être et la perfection appartiennent à lui seul ; que l'être et la vie sont en lui comme dans leur source? Si Spinosa connaissait la corruption ,de lhominu, il ne trouverait pas étrange
que Moïse représenle si souvent Dieu comme la souveraine miséricorde, pour faire du bien à une créature si indigne de ses grâces. Et s'il connaissait la grandeur et la sainteté de Dieu , combien il est digne de tous nos hommages , combien nous sommes intéressés à les lui rendre, il ne trouvera,! pas étrange que Moïse représente Dieu comme un Dieu jaloux, c'est-à-dire ennemi de notre injustice, quand nous lui préférons quelqueautre objet. Inférer de là que Moï^e attribue des passions à Dieu, c'est comme si l'on inférait qu'on lui attribue un corps, parce que pour exprimer sa puissance et sa science, on emploie les termes de bras et d'yeux.
Dieu étant essentiellement l'ordre, est ennemi de tout ce qui le blesse, comme l'a vérité est ennemie du mensonge, sans passion, sans colère, sans trouble.
Moïse a-t-i! tort de croire Dieu différent de tous les autres êtres, qui ne sont que des néants en sa présence? A-t-il tort de croire que Dieu ne puisse être représenté sous aucune figure, et qu'il ne ressemble point aux dieux que les nations insensées adorent? A-t-il tort de croire Dieu invisible à la chair et au sang, parce que c'est un esprit et une intelligence? A-t-il tort de croire Dieu visible à l'esprit de l'homme purifié et sanctifié par sa grâce? A-t-il tort de désirer pour lui cette vue ineffable? Enfin Moïse ne dit-il rien des autres perfections du Créateur, de sa puissance, de sa sainteté, de sa justice, de sa grandeur, de sa gloire, etc?
Mais, dit Spinosa, est-ce connaître Dieu, que de le faire descendre du ciel, avec Moïse ; de le voir comme un feu, avec Ezéchiel; ou comme un roi assis sur un trône, avec Isaïe, Michée, Daniel ?
Quoi 1 parce que les prophètes représentent Dieu faisant sentir sa présence par des prodiges envoyés du ciel, par exemple, sur la montagne de Sinaï, sur le tabernacle, et en d'autres occasions ; on leur imputera d'avoir cru que Dieu est renfermé dans l'enceinte des cieux, d'où il descend, et où il monte? L'imputation a-t-elle l'ombre de fondement? Les prophètes parlent de Dieu suivant le sentiment qu'il a mis lui-même dans le fond de notre être : nous sommes portés naturellement à regarder cette voûte majestueuse des cieux, cette étendue immense qu'elle a au-dessus de nos têtes, cette multitude prodigieuse d'étoiles qui y sont enchâssées, comme ce qu'il y a de plus noble et de plus parfait dans tout ce que la nature présente à nos yeux, et à juger que ce qui est au-dessus de cette YOûte, est encore plus admirable. C'est au-dessus de cette voûte que les païens par une suite de ce sentiment naturel, plaçaient leurs dieux, ne croyant pas que ceux qui demeuraient dans la condition ordinaire des hommes, fussent dignes d'une Uemeuie si superbe. Les prophètes parlaient suivant ce sentiment naturel, mais non pas en païens. Ils croient Dieu dans le ciel, en ce sens que le ciel est le siège de sa gloire, le lieu où elle est manifestée, où il règne dans ses
saints. Mais ils ne l'y renfermaient pas. Ils savaient que Dieu est partout indi visiblement; que les cieux et le ciel des cieux ne peuvent le contenir; qu'il remplit le ciel et la terre. Ils nous prêchent perpétuellement que c'est lui qui a créé le ciel, de même qu'il a créé la terre : comment y serait-il donc renfermé?
Il n'y a pas plus de raison de conclure que les prophètes regardent Dieu comme un être étendu, ou comme un homme; parce que Dieu se montre à eux sous des symboles propres à représenter les effets qu'il veut produire en qualité déjuge et de vengeur des crimes. C'est comme si je concluais qu'on regarde la justice comme un corps, parce qu'on la représente sous le symbole d'une femme qui tient une balance à la main. Ou comme si je concluais que selon vous, la sagesse suprême n'est qu'un ccrps organisé, parce que vous la voyez dans son ouvrage comme dans un miroir. Si les œuvres de Dieu nous élèvent jusqu'à la connaissance de ses grandeurs invisibles, sur quel fondement croirait-on que les prophètes confondaient les merveilles dont ils étaient spectateurs, avec l'auteur de ces merveilles? Spinosa extravague, s'il le croit.; et s'il ne le croit pas, c'est un fourbe qui cherche à tromper les imbéciles.
VII. Il n'y a qu'un mot -à lui répondre sur ce qu'il dit comme en passant, contre les anges pour décrier les prophètes qui en parlent fréquemment. Au lieu de nous laisser quelques réflexions frivoles et puériles, il fallait nous laisser une bonne démonstration qui fît voir qu'il est impossible que Dieu ait créé des anges, ou que, s'il en a créé, il est impossible qu'il les emploie à divers ministères dans la conservation de ses créatures. L'existence de nos âmes prouve la possibilité d'autres substances spirituelles; et l'usage que Dieu fait de certains hommes pour en conduire et gouverner d'autres, prouve la possibilité de l'usage qu'il est maître de faire des anges.
VIII. Jugez par ces objections que nous venons de discuter, de l'a faiblesse de l'incrédulité contre la révélation. Spinosa dit tout ce qu'on peut dire contreles prophètes; et les esprits forts de nos jours ne sont que ses misérables échos ; cependant vous venez de voir que tout ce que "Spinosa oppose est si futile, qu'il n'est propre qu'à rendre les prophètes plus respectables. Je vous prie d'observer que nous sommes bornés aux réponses les plus simples et les plus communes. Nous aurions pu en donner de bien plus profondes puisées dans l'Ecriture. Je vous prie d'observer encore que le traité Theologico-Politicus si vanté par les incrédules, est un ouvrage souverainement méprisable. Retranchez-en le ton de maître et de savant que l'auteur affecte de prendre, pour en imposer aux ignorants que la religion incommode, vous n'y laissez plus rien. Un y voit partout un homme qui, entêté du système te plus extravagant qui puisse tomber dans une tête humaine, sur la Divinité,
s'efforce de détruire les preuves de fait de la religion; parce que ces preuves renversent de fond en comble son système. Nous reviendrons à Spinosa, au sujet des apôtres.
Article III. — Plan de la troisième partie.
I. L'inspiration des prophètes est un fait évident, qui est appuyé .sur les prédictions les plus éclatantes; "l'incrédule ne peut y opposer rien de raisonnable. Mais ces prédictions, quelqueéclatantes qu'elles fussent, ne servaient que de voile, ou de préparation à d'autres infiniment plus importantes , auxquelles l'accomplissement d"es premières devait donner un degré d'autorité et de crédit qui fût au-dessus de tout ce que l'esprit humain peut imaginer ou souhaiter de plus fort pour établir une croyance inébranlable. Vous sentez bien que je veux parler des prédictions qui regardent le Messie. Elles sont d'une évidence, et descendent dans un détail qui passe toute admiration , comme nous Talions voir dans la troisième partie.
IL Nous la diviserons en quatre sections. Dans la première nous recueillerons un certain nombre de prophéties où les anciens Juifs voyaient le Messie clairement annoncé, sans nous arrêtera discuter les interprétations des Juifs modernes. Le sens commun ne permet pas de croire les rabbins de nos jours [dus habiles que leurs pères dans l'intelligence des prophètes. Ce serait d'ailleurs nous jeter dans des disputes interminables sur des lettres, des points, des syllabes et des mots. Les faits doivent ici décider et triompher des chicanes et des fictions. 11 est certain que dans la nation juive il y a eu de véritables prophètes; que nous avons leurs écrits; que ces hommes célèbres étaient principalement envoyés pour prédire le Messie. Ce sont là des faits dont les Juifs modernes ne peuvent disconvenir, sans renoncer à la religion de leurs pères. Quelle attention mériteront leurs arides subtilités, si Jésus-Christ a accompli toutes les prédictions qui peuvent regarder le Messie; s'il s'est donné lui-môme pour le Messie ; s'il a appuyé son témoignage sur des preuves qu'il soit impossible d'éluder ?
Nous commencerons notre recueil des
f>rophéties par celles qui fixent le temps où e Messie doit se montrera la terre; nous entendrons ensuite les prophètes sur ce qu'ils disent des principales circonstances de sa vie, des etl'ets de son avènement. Nous ferons quelques réflexions sur ces prophéties pour en mieux sentir la force ; et nous verrons, pour en découvrir l'accomplissement, quel était l'état de la religion sous l'empire d'Auguste, de Claude et de Néron. Dans une seconde section, nous examinerons la vérité de l'histoire de Jésus-Christ ; l'intégrité des livres qui la contiennent; là sincérité des historiens qui l'ont écrite; l'impossibilité où étaient ces historiens de tromper, quand ils en eussent eu le dessein ; la force du témoignage qu'ils rendent à la résurrection et à l'ascension de Jésus-Christ. Dans la troisième section, nous verrons
OEt. VRES COMPL. DE LB FRANÇOIS. IL