‹ Œuvres complètes de Lord Byron Don JuanChapitre 1 sur 98 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

On trouve dans les Mémoires sur lord Dyronf de M. Moore, de nombreux détails relatifs aux circonstances dans lesquelles les divers chants de Don Juan parurent successivement ; nous estimons néanmoins qu'il peut être curieux de mettre sons les yeux du lecteur quelques-uns des passages les plus remarc^uables de la correspondance de lord Dvron à propos de ce poëme.

19 septembre 1818. — J'ai fini le premier chant (composé d'environ cent quatre-vingts octaves). C'est un ouvrage dans le goût et dans le style de Beppo; le succès de ce dernier poiifne m'a encouragé à «onlinucr. Le nouveau s'appelle Do« Juan, el contient un assez grand nombre de plaisanteries sur tontes sortes de sujets. Mais j'ai peur qu'il ne soit— du moins c'est l'avis de ceux qui l'ont lu — trop libre, eu égard à la chasteté de noire époque. Cependant je tenterai l'aventure, en me couvrant du voile de l'anonyme j si cet échanlilloa ne réussit pas, je m'en tiendrai là. Ce poëme est dédié à Souther, en bons vers simples et sauvages ^ qyn rappellent la conduite politique du lauréat.

2S janvier 1819. — Imprimez-le tout entier, i l'exception des vers sur Castlereagh, puisque je ne suis pas sur les lieux pour lui répondre. J'ai cédé aux représentations que l'on m'a faites ; ainsi donc, il est inutile de détailler mes arguments en faveur de mon [Toi»re ouvrage et de ma poeshie; mais je proteste. Si le poëme est poulique, H restera; sinon, il sera oublié. Le reste csl « cuir et prunelle, » et n*a jamais eu d'influence sur aucun livre pour ou contre. L'insipidité d'une œuvre peut seule l'empêcher de vivre. Quant an caut du jour, je le méprise, comme j'ai toujours fait de tous les anires ridicules fashionSy qui, si l'on n'y prenait garde, nous rendraient fardés el enluminés, comme on représente les anciens Bretons. Si l'on admet cette pruderie, il faut mettre sous le boisseau la moitié do l'Arioste, La Fontaine, Shakspeare, Beaumont, Fletehcr, Massingor, Ford, tous les écrivains du règne de Charles 11, en un mol, quelque chose de tous ceux qui ont écrit avant Pope, et beaucoup dans Pope lui-même. I-wez-Zf, ce que personne aujourd'hui 7ie /r;;/; faites-le, et je vous pardonnerai, quoique l'inévitable conséquence sera que

Page 1