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Il y a dans cette heure un dangereux silence, un calme qui permet à,r^e,4e s'ouvrir tout entière sans pouvoir retrouver te {aroe.deifie maîtriser; la lumière argentée qui revêt d'im jcbanoe «aint l!arbre et la tourelle, qui donne à toute la na- 4itni «uniOftmçi^re de beauté et de douceur intime, pénètre t
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aussi jusqu^au cœur, et y répand une amoureuse langueur qui n'est ^ le repos.
El Julia était assise auprès de Juan, à demi enlac/'e par son bras irémtssaniy dont elle ne cherchait que faiblement h s'éloigner, et qui tremblait cmmne le sein sur lequel il s'était posé; sans doute elle ne eroyait pas qull y eût à cela aucun nifl; sans quoi il loi eût été facile 4e se dégager de son étreinte; mais quoi ! cette situation avait son charme, et alors ^ Dieu sait ce qui s'ensuivit! Je ne puis continuer; je suis presque lâché d'avoir commencé.
€KVI.
0 Platon! Platon! avee tes maudites rêveries et le contrôle illusoire que suppose ton système sur'les monrements ingouvernables du cœur humain, tu as frayé la route à plus d'immoralité que toute la légion des poètes et des romanciers!— Tu es un sot, un charlatan, un fat, — et tu n*as été loui au plus de ton vivant qu'un personnage de vertu fort équivoque !
Et la voix de JuKa se perdit» on ne ^exhala plus que par des soupirs, jusqu'au moment où il était trop tard pour tenir une conversation sensée -, les pleurs mondèrent ses yeux Alarmants ; plûl à Dieu qu'elle n*(mt eu aucun motif d'en répandre! mais, hélas! qui peut aimer et rester sage? Non que le remords ne vînt coniballre la tentation ; elle lutta quelque peu, se repentit beaucoup, et, tout en murmurant bien bas : a Je ne consentirai januds» a — elle consentit.
CXVIH.
On dit qaeXercès ofint une récompense à qui pourrait lui inventer un nouveau plaisir. A mon sens, sa majesté demandait là une chose fort difficile et qui lui aurait coûté fort cher. Pour ma part, je suis un poêle des plus modérés ; il me faut un brin d'amour ( pour passer le temps) ; je ne demande pas de nouveaux plaisirs; les anciens me suffisent, pourvu qu'ils durent.
OEOVBES DE LORD BYEOK.
0 plaisir ! tu es véritablement une chose charmantey quoique nous soyon^ assurés d'être damnés k cause de loi. A chaque printemps» je prends la ferme résolution de me corriger avant la fin de Tannée ; je ne sais comment cela se fait,
mais aulanl en emporte le vent. Pourtant j'ai la certitude que ce vœu de continence peut ôlre religieusement observé ; j'en suis fort affligé et on iie/>oul plus honteux, el je compte, l'iiiverprocbain, me réformer complètement.
Ici il faut que ma chaste muse prenne une petite liberté ;
—ne vous effarouchez pas, lecteur plus chaste encore! elle promet de ne plus s'émanciper ensuite, et d'ailleurs il n'y a pas de quoi prendre beaucoup l'alarme; la liberté dont je parle est une licence poétique qui peut avoir quelque chose d'irrégulier; et» comme je fais grand cas d'Âristote et de ses règles, il est juste que je lui demande pardon quand ilm'arrive de faillir quelque peu :
cm.
Celte licence consiste à prier le lecteur de vouloir bien supposer que depuis le six juin (époque falale sans laquelle toute mon habileté poétique serait prodiguée en pure perte, faute d'événementa à raconter), et sans perdre de vue Julia et don Juan; que depuis le six juin, dis-je, il s'est écoulé plusieurs mois! prenons que c'était en novembre; mais je ne puis fixer le iour, — cette date est plus obscure que les autres.
Mais noua y reviendrons. — il est doux k minuit, par un beau clair de lune, sur les flots bleus de l'Adriatique, d'enleAdre de loin s'élever sur les ondes la voix du gondolier mè* lée au bruit cadencé de la rame ; il est doux de voir surgir
rétoile du soir ; il est doux d'entendre la brise murmurer de
feuille en feuille; il est doux de contempler au firmament l'arc-en-ciel appuyant sa base sur 1 Océan, et décrivant sa courbe de l'un kTaulre horizon]
DON JUAN. CIIA?CT 1. . 37 CX&llf.
Il csl doux d'entendre la voix du chien fidèle saluer de ses
aboienu'iils noire retour au loi;is; il est doux de savoir qu'il est des yeux qui remarqueront noire arrivée, et où noire présenee fera briller la joie ; il est doux d'clrc éveillé par le chant de l'alouelle ou bercé par le murmure des cascades ! 11 y a de la douceur dans le bourdonncmeol des abeilles, la voix des leunesûlles» le chant des oiseaux, les.dîccents de Tenfanceet ses premières paroles !
Douce est la vendange quand les grappes amoncelées couvrent h profusion la terre humide de leur jus pourpré. Il est doux d'échapper au Uiraultc des villes pour chercher la gaieté dcschanips. Douce al'œil de l'avare est la vue de ses monceaux d'or j douce est au cœur d'un père la naissance de son premier né; douce est la vengeance » surtout aux femmes, le pillage aux soldats, la part de prise aux marins.
Doux est un héritage, et plus doux encore le décès inattendu de quelque vieille douairière, ou d'un vieux parent ayant
complété sa soixante-dixième année, après nous avoir trop longtemps fait attendre, h nous autres jeunes gens, un domaine, des écus ou un château : ces vieillards semblent toujours prêts à rendre l'àme, mais leur charpente est si solidement construite que tous les Israélites assiègent l'héritier de leurs maudites créances après décès.
GXXVI.
11 est doux de gagner ses lauriers, n'importecomment, avec la plume ou Tépée ; il est doux de rétablir la concorde ; il est
doux aussi parfois de se quereller, surtout avec un ami qui nous excède ; doux est le vin vieux en bouteille, et la bière en tonneau II nous est cher Têlre faible et sans appui dont nous prenons la défense contre le monde, et plus cher encore Tasilede notre enfance, que nous n'oublions jamais, quoique nous y soyons oubliés.
GXXVIl.
Mais plus doux que ceci, que cela, que tout au monde, est