‹ Œuvres complètes de Lord Byron Don JuanChapitre 13 sur 98 · LXXII · texte numérisé non relu

LXXII

Lorsqu'elle l'abordait^ elle ne souriait plus, il est vrai, mais son visage portait l'empreinte d'une tristesse plus douce

que son sourire. Si son cœur couvait des pensées plus profondes, elle ne les avouait pas; mais, refoulées dans ce cœur brûlant, cette contrainte môme ne les lui rendait que plus chères. L'innocence elle-même a plus d'un artifice ; elle n'ose pas toujours se ûer k la franchise» ei la jeunesse empeigne Thypocrisie h Famour.

LXXUI.

Hais la passion a beau dissimuler^ elle se rérèle par son mystère même, comme le ciel le plus noir présage la tempête

la plus terrible; ses agitations se trahissent dans le regard vainement étudié, et, quelque forme qu'elle revêle, c'est toujours la même hypocrisie : la froideur ou le ressenliirent. le dédain ou la haine, sont des masques qu'elle porte fréquemment» et tomours trop tard.

LXXIT.

Et puis.^^^taient des soupirs d'autant plus prpfond^.qu'on Toulait davantage les comprimer, des regards dérobés que le larcin rendait plus doux, une subite rongeur» sans motif

de rougir; on tremblait en s'abordanl; on était agité, inquiet, quand on s'était quitté. Tous ces petits préludes k la possession sont inséparables d'une passion naissante, et servent k prouver combien l'amour embarrassé quand il fait voile avec un cœur novice. .

Le cœur de la panm Julia était dans un singulier état : elle sentit qu'il allait lui échapper» et résolut de foire un noble effort pour elle-même et pour son époux ; elle appela à son

aide l'honneur, Torgueil, la religion et la vertu : sa résolution fut véritablement des plus héroïques, et eùl pu presque faire

25 CEUVREF ME LORD BTRMf.

tremMer uo Taniam. Elle implora la ^râce#e la Vnrçe Ma*

nt, comme étant la plus compétcate à ju^'cr de sa posiUoa.

Eîîe jura de ne plus revoir Juan, et dès le lendemain elle alla rendre visite à sa mère. La porte du salon s'ouvrit; vue elle tourna la tôte pour voir qui entrait ; grâces en soient rea* dow à la Vicry» ce n'est pas Jmm ! EUeea iulreco—iinMiie, et iHMtrtaniim peu fldiée. --Lapofles'mriade wwt^ celle fois ce doH ètie luan. MonI Je endui Mea que Vm n'ait pas pné la Vierge ca wli^-liu

LXXYII.

Alors elle se dit qu'une femme vertueuse doit faire face k la tentation et la vaincre, que la fuite est une lâcheté, qu'aucun homme ne fera désormais sur son cœur la moindre sensation, c'est-à-dire rien qui aille au-delà de cette préférence MaUtuelle que naut éproufeu en tonte oecaaioB pour des gens anxquds noos trouvons plus d*agféflMBta qii*k d'antm» sans avoir pour eux d'autres sentiments fiio oem <pio nota aurions pour un frère.

El s'il lui arrivait par hasard, — qui sait? le diable est si fm! — s'il lui arrivait de découvrir que chez elle tout n'est pas comme elle le désirerait; si, libre encore, toutefois, elle a'apmerait que tel ou tel amant pourrait loi plaire, eh bien ! une lèmme Terlueuso^peut réprinwr ét telles penséca, ei eUo ne s'en trouve que mieux après en avoir Iriouiphé; ai eel homme demande» on en est quitte pour retacr : c'est un essai que je recommande aux jeunes femmes.

LWIX.

Et puis, n'y a-l-il pas celle chose qu'on nomme l'amour divin, brillant, immaculé, pur et sans mélange; un amour tel que peuvent l'éprouver des anges, et des matrones qui ne se croient pas moins in&illihles qu'eux ; un amour platonique et parfait, «oifin c un amour oomme le mknt? » se disait Inlia. — Et, k coup sûr, eUe le pensait; et c'est aussi ce que je Taurais voulu voir penser si j'avais été Foliiiet de sea célestes rêveries.

l»OIf JUAtf. CHAUT t,

Un tel amour est innocent, et peut exister sans danger entre jeunes gens. On peut donner un baiser, d'abord sur la main» puis sur la bouche. Pour moi je suis complétemenl étranger à ces choses; mais j'ai entendu dire que ces libertés forment la limite de ce que peuvent se permettre oeux qif QD paieil amour tiem sous sa loi ; s'ils vont au-ddà, c*est un crime; mais ce a^est pas ma faute, — je les en préviens d'avance.

Ainsiy Varaour, mais l'amour contenu dans les limites du devoir, telle fut Tumocente résolulion adoptée par JuUa k Fégard du jeune don Juan ; elle pensa que cet amour pourrait au besoin lui être utile h lui-même : guidé par ce flambeau céleste, allumé h un autel trop pur pour que sa flamme vit jamais ternir son éclat, avec quelle douce persuasion les leçons de Famour et les siennes lui apprendraient » je ne sais trop quoi, el Julia n'en savait pas davantage.

Animée de cette résolulion , protégée par une armure li toute épreuve, — sa pureté d'âme; sûre désormais de sa force, convaincue que son honneur était un roc, une digue insurmontable, h dater de ce jour elle se dispensa, on ne peut plus sageimt, de tout contrôle incoamodt : savoir a lidia était àlabanteurdepateiHetâche, c'est ce qo» lasuileniNtg apprendra.

txxjatu

Son plan lui semblait innocent el fort exécutable; assurément, avec un jeune homme de seize ans, la médisance ne pouvait gu^re trouver U mordre, et, dans le cas contraire, convaincue de la pureté de ses intentions, sa conscience était en repos. — Une conscience tranquille est un baume si doux ! On a vu les chrétiens se brûler les uns les autres» persuadés que les apêtres eussent agi comme eux.

vaxxf.

Et si dans rintertalle son man venait à mourir, — h Dieu ne plaise qu*une telle pensée lui vienne, même en rêve (et ce

23 OELVRES DE I.Or.D BYIION.

disant, elle soupirait)! jamais elle ne survivrait à une telle perte;— mais enfin, en supposant que la chose arrivât, ce n'est qu'une supposition inter nos (je devrais dire entre notM, car dans ce moment Julia pensait en français, mais la rime s'y

oppose) i

C'est une simple supposition que je fais: luan, ayaniatteint sa majorité, serait un parti sortable pour une veuve de condition ; dans sept ans la chose pourrait encore se faire; jusquelà (pour conliiHier celle hypothèse) le mal , aprî-s lout,ne serait pas très grand, car il s'inslruirail dans U's rudiments de Tamour, je veux parler de celui que font là haut les séraphins.

Lxmvi.

Envoilàasscz pour Julia. Ut-vononsa Juan : pauvre enfant? il ne comprenait rien à son ^;lal, et ne s'en faisait aucune idée précise. Impétueux dans ses impulsions, comme la Médée d'Ovide, ce sentiment, nouveau pour lui, l'émerveillait ; mais il était loin de se douter que ce fût une efaose toute simple, qui ^n'avait rien d'alarmant, et qui, avec un peu de patience, pouvait devenir charmante.

Ll XXVII.

Silencieux, pensif, oisif, agité, rêveur, préférant k sa de* meure Tisolementde la forêt, tourmenté d'une blessure invisible, sa douleur, comme toutes les douleurs profondes, se plongeait dans la solitude; et moi aussi, j'aime la solitude, mais entendons-nous : il me faut la solitude, non d'un er- • mite, mais d'un sultan; et pour grotte, un harem.

LXXXVIII

Une pareille solitude, Ob le transport s'enlace à la sécurité. Amour! est le séjtmr de la béatitude; Là le cœur rend honîmagc à la divinité.

Le poète que je cite n'écrit vraiment pas maP^; j'en excepte pourtant le second vers; car cet enlacement du trans^ fK)rl et de la séeuriU forme une phrase tant soit peu obscure.

Le poëte a touIu» sans doute» exprimer une Yérilc* qui tombe sous le sens, qui est sentie par tout le monde» dont chaeun a pu faire ou pourra faire l'expérience : à savoir»

que personne n*aime à être dérangé dans ses repas ni dans ses amours. — Je n'eu dirai pas davantage sur V enlacements le transport^ attendu que tout cela est connu depuis longtenijis ; mais je prierai la « sécurité» de vouloir bien tirer le verrou.

Le jeune Juan errait au bord des limpides ruisseaux» pensant des choses inexprimables. 11 s'étendait sous l'ombrage des bois, aux lieux où le liège déployait ses sauvages rameaux ; c'est là que les poètes trouvent les matériaux de leurs livres, et il nous arrive quelquefois de les lire, pourvu que leur plan et leur prosodie nous conviennent, à moins pourtant qu'ils ne soient inintelligibles» comme Wordsworlh.

Il continua (Juan» et non Wordsworth) cette communion exclusive avec son Ame Hère» jusqu'à ce que dans cette abstracjlion protode son grand cœur eût mitig6 son mal en partie, sinon en totalité; il s'y prit du mieux qu'il put, avec des sentiments peu sujets à contrôle ; et, sans avoir la conscience de sou étal» il ût comme Coleridge» et devint métaphysicien.

Il médita sur lui-même» sur l'univers» sur le problème de l'homme» sur les étoiles» se demandant comment diable tout cela avait été produit; puis il pensa aux tremblements de terre» à la guerre» aux dimensions que pouvait avoir la lune, aux ballons, aux nombreux obstacles qui s'opposent à ce que nous ayons une connaissance complète de l'empire illimité de l'air; — puis il se prit k penser aux beaux yeux de doua Juiia.

Dans de telles contemplations» la vraie sagesse pe^^ cerner des désirs sublimes» de hautes aspirations» innées

30 OEUVRES DE tORD mOV,

dans quelques bommes, et inculquées k la plupart de coût qui

s'imposent ce lournunt sans trop savoir pourquoi. 11 Olait biuu étrange qu'un cerveau si jeune s'inquiiHàl de ce qui se passait dans l'air; si vous voyez en cela un eflet de la philosophie, je pense» moi^ que la puberté y était bieo pour quelque chose*

xcnr.

Il m(f^dilail sur les feuilks et sur les llcurs; il entendait une voix dans toutes les brises; puis il pensait aux nymphes des bois et aux immortels bocages où ces divinités venaient s'oITrir au& Kg/àXÛê des bomioes; il perdait sa roule, il oui>Uait rbeure ; puis quand il regardait à sa montre, il s*étmiiait que le Temps, ce divin vieillard» eût marché si vile $ ««idôrs auiiî il s'apercevait qu'il avaii aumqué le dîner.

Parfois il jetait les yeux sur son livre; c'était Boscan " ou (yarciiasso comme le feuillet soulevé par le souffle du vent, son âme était agitée sur la page mystérieuse par la poésie de son iatelligeiiee, pareille à ces esprits auxquels les magiciens ont jeté on ebarme» et qu'ils livrent an sotil&e des ^niSy st notti en croyons eeilaîns oonlee de vieilla femme.

Ainsi coulaient ses heures solitaires ; il lui manquait quelque chose, et il ne savait quoi ; ni ses rêveries brûlantes, ni les chants du poète, ne pouvaient lui donner ce que demandait fion âme haletante, un eein ponry«ppayereal6te, et entendre les battements d'un cœur palpitant d'amonr,«*san8 parler de plusieurs eheses eneove que j'oublie, ou , du moins, qu'il n'est pas nécessaire que je mentionne encore.

Ces promenades solitaires, ces rêveries prolongées, ne pou* ' valent échapper h l'attention de la tendre Julia; elle comprit que luan n'était pas à son aise ; mais ce qui peut et doit en effet

surprendre, c'est que dona înez n'importuna aucunement son fils de (^ueslions ou de conjectures, ioii qu'elle uc & a^er^ùt

de rien, ou ne voulût rien voir, ou ne pût rien découvrir, ooBUue cela arrive à laai de gens habiles.

Cela peut paraître étraoge ; cependant, rien n'est pkB conflHm : par exemple» les maris dontlesaioitiésse peimeUeMt de sauter à piedajoiDte par-dessus les elil^;alioiis écrites de la lemme* et ^enfreindre le...'— poumez-foos me dire le

chiffre du comniandemcnl transgressé par ces dames ( je Tai oublié, et je pense qu'on ne doit jamais faire de citalion qu*îi bon escient)? Je disais donc que lorsque ces messieurs sont jaloux, ils ne manquent jamais 4e toml>er dans quelque héirue, dont leurs lomnes ont gnmd soin de aousinatruke.

XCIZ.

Un mari véritable est toujours soupçoimeux, ceqoin'ampéehepas que ses soupçons ne porteottoujonrs à iàux. Ou il «st jaloux de quelqu'un fort innocent du îikt, ou il prête aveuglément les mains h son propre déshonneur, en recevant chez lui quelque ami déloyal ; cette dernière hypothèse ne manque jamais de se réaliser; et quand l'épouse et l'ami ont pris leur

volée, c'est de leur perversité qu'il a'étonne, et non de sa mltiflo

Lespiiwils aussi ont pafiois fat vue comte; aivec leurs yeux •de lynx ils a^aperçoîveiil jamais pe.que le ««de voit avec une joie maligne, quelle est la maîtresse du jeme liériiâer

un tel, quel est Tamant de miss Fanny, jusqu'au moment oix une maudite escapade vient anéantir le plan de vingt années; et tout est fini : la mère se désole, le père jure, et se demande pourquoi diable il a eu des héritiers.

Mais la sollicitade dinez était si gnuide» sa vue al exercée, que force nous M de penser qu'en eetle occasion elle avait des motiiii tout parlkuliers pour abandonner. Inan à oeUa

tentation nouvelle. Quel était ce motif, c'est ce que je ne dirai pas pour le moment; peut-être voulait-elle compléter l'éducation de Juan, ou peut-être ouvrir les yeux de don Alfousoy au cas où il ferait de sa femme une trop rare estime.

ccmmis VE lord 9n/on

Un jour, — c'était un jour d'été; — Télé est véritablemenk . une saison fort dangereuse, comme aussi le printemps vers la fia de mai ; nul doute que le soleil n'en soit la raison déterminante; mais quelle qu'en soit la cause, on peut dire, sans crainte de trahir la vérité, qui! y a des moin où h nature s'émancipe dafantage : — mars a ses lièYies, omm .peut bien avoir son héroïne.

cm.

C'était un jour d'été, — le G juin, — j'aime h donner des dates précises, à indiquer, non seulement le siècle et Tannée, mais le mois; ce sont des espèces de relais où les destins changent de chevaux et font en même temps changer de ton à l'histoire, puis reprenmmt leur galop k travers rayaumes et empires, ne laissant gu^ d'autres traces de leur passage que la chronologie, si l'on en excepte pourtant les pasP^it théologiques;

C'était le C juin, vers six heures et demie, — peut-être sept; — iulia était assise dans un bosquet aussi charmant que ceux qui abritent les houris dans ce ciel païen décrit par Mahomet et Anacréon Moore, lui à qui furent donnés la lyre et les lauriers, ainsi que tous les trophée de la muse triom* phante ; — il les a loyalement conquis $ puisse4-il les garder longtemps!-^

Julia était assise, mais n'était pas seule; je ne puis dire comment cette entrevue avait été amenée; et quand même je le saurais, je ne le dirais pas; — en toute chose il faut être discret. Peu importe comment et pourquoi cela était arrivé, mais enfin Julia et Juan étaient Ih face à face. ~ Quand deux visages comme les leurs sont ainsi en pré- - sence, il serait sage de fermer les yeux; mais c'est bien difficile.

Qu'elle était belle! tout son cœur se peignait dans la rougeur brûlante de sa joue. 0 amour! que de pericctiuu vlws

IMm JUAV. CBANT I. 33

ton art mystérieux! tu fortilies le faible, et tu abats le fort. Combien elle est décevante la sagesse de ceux que ton charmo a séduits! — Immense était le précipice ouvert tievanl elief immense était sa foi en sa propre innocence.

Elle pensait à sa force et à la jeunesse de Joan, à ceqii*iipe pruderie crainti?e avait d^insensé» à la verta victorieuse» li la, foi conjugale, et puis elle pensait aux cinquante ans d'Àl-<

fonso; autant eût valu que cette dernière pensée ne lui vînt pas, car c'est un chiffre qui a rarement le don de plaire. Dans tous les climats que recouvre la neige ou qu'échauffe le soleil, ce nombre sonne mai en amour, quoiqu'U,n'6a 60ii pa» de même en finance.

GYIII.

Quand une personne vous dit : « levons ai répété cela dih qaante fois, » elle entend par là tous fkire un reproche, et c'est souvent ce qui a lieu ; quand un poëte dit ; « Fat' fait

cinquante vers, » c'est presque une menace de Vous les réciter; c'est par bandes de cinquante que les voleurs commettent leurs crimes. Il est bien vrai qu'à cinquante ans on obtient rarement amour pour amour; mais ce qui n'est pas moins vrai, c'est qu'on peut en aciieter beaucoup pour ct»gnonto louis.

GIX*

lulia avait de rhonneur, de la vertu, de la fidélité et de Famour pour don Alfonso; elle jura intérienreffient, pat* tous

les serments qu'on fait ici-bas aux puissances de la haut, de ne jamais profaner l'anneau qu'elle portait, et d'étouffer jusqu'au moindre désir contraire à la sagesse; et tout en se disant ces choses et bien d'autres encore, elle posait négligemment une de ses mains sur celle de Juauj c'était une méprise: — elle croyait ne toucher que la sienne.

ex. * •* •

Sans s'en aperceToir, elle s'appuya sur l'énitrê^ qui jouai avec les boucles de ses cheveux; et, à son tât ptéoccopé, oA voyait qu'elle luttait contre des pensées qu'elle ne pouvait comprimer. Certes, c'était fort mal à la mère de Juan de lai»»

3^ CBXjym m loid vmrn.

set iàMi tm 'ièMAèie ce couple imprudent, elle qui, peo* dant tant d'années, avait surveillé son fils avec une telle vigilance; ^ j'ai la cerliUide que la laiefioe u'ca eût point lait autant.

GII.

' l^tb péos, hi maiB qjA tenait oeUe de imm eenfime €a {H*essioii d'toe manièfe douée, sue sennUe, eomine pour hii dire : Retenez-moi , s'il vous platt. » Toutefois, on ne saurait douter qu'elle n'eût d'autre intention que de presser ses doifTls d'une pure et platonique étreinte; elle eût reculé avec tHroi, comme au contact d'un crapaud ou d'un aspic, 8i k pensée lui fût venue ^'il y avait là de quoi faire naître un sentiment dangereux aux yeux d'une é#oyse ptudcnte.

Je ne sais trop ce que Juan en pensa , mais il fit ce que vous auriez fait à sa place; ses jeunes lèvres remercièrent cette main par un baiser reconnaissant; puis, rougissant de rpxciè^ de soa bonheur, il s'écarta avec une sorte de désespoir, commq s^il eût craint d'avoir mal lait : l'amour est si timi4e dans un cœur novice! Ëlle rougit, mais sans colère; etle essaya de parler, mais en vain, tant sa voix était*devenue faible. '

CXIH.

Le soleil disparut h l'horizon, et la lune montra son disque ^aunijssani : la lune est dangereuse eu diable ; ceux qui roui ^pelée chaste ont, à mon sens, commencé trop tôt leur noinehclatnre||lft plm long jour, le vingt-elrun juin lui-même» yoit ^ftccojw^ir moins d'actes pervers qfi» n'en éclaire en Irois keijireçlit liant souriante, --tout en conservant son air

Page 1