XCIII
Malheureusement, avec Raucocanti fut attaché le ténor; ils se baissaient comme on ne se hait qu'au théâtre, et chacun d'eux trouvait sa destinée moins insupportable encore qu'im tel voisinage : dans leur mauvaise humeur, ils se querellèrent, au lieu de prendre leur parti paisiblement; si bien qu'en jurant à qui mieux mieux, chacun tirait la chaîne de son côté, < Arcades am6o, » c'est-Mire aussi mauvais garnements l'un que l'autre.
La compagne de Juan était une Romaçrnole élevée dans la Marche de la vieille Ancône; outre plusieurs autres attributs importants dans une bella donna, elle avait des yeux qui vous pénétraient jusqu'au fond de l'âme , — des yeux brillants, aussi noirs et aussi brûlants qu'un charbon; à travers le clair tissu de sa complexion de brunelte, on voyait reluire un grand désir de plaire; qualité fort attrayanle, surtout lorêqu'au désir se joint la faculté.
Mais tout cela était perdu pour lui, car la douleur enchaînait tout ses sens; les yeux de l'Italienne avaient beau lancer des éclairs, ils ne rencontraient que des yeux ternes et sombres. Ainsi attachés ensemble, ni sa main, qui touchait la sienne, ni aucune autre partie de ce corps charmant (et il y en avait dont il n'était pas facile d'éviter le contact), ne pou* vait agiter son pouls ni ébranler sa foi; peut-être aussi que ses récentes blessures y contribuaient un peu.
1M)N JUAM. CHANT IV, 169
M'importe; Q ne faut jamais pousser les inyesUgatioiis trop loin; mais enfin un fait est un fait : nul ehevalier ne pouvait être plus fidèle; nulle amante ne pouvait désirer une plus lèrme constance; nous laisserons de odté les preuves, h l'exception d'une ou deux : on dit que nul « ne peut tenir du feu dans sa main en pensant aux glaces du Caucase; » bien peu le pourraient, sans doute ; l'épreuve de don Juan nï'tait pas moins dilQcile, et pourtant il en sortit triomphant.
XCVIf.
Ici» je pourrais entamer une chaste description, ayant moimême, dans ma jeunesse, résisté à la tentation; mais plusieurs personnes, m'a-t-on dit, me r^rœbent d'avoir mia trop de vérité dans les deux premiers chants; je me hélerai donc de fàire quitta le navire à don Juan, mon éditeur m'ayant positivement déclaré qu'il est plus fàcile de faire passer un chameau par le trou d'une aiguille que de faire pénétrer ces deux diants daâs les familles.
Cela m'est fort égal; j'aime a céder; je renvoie donc le lecteur aux pages plus modestes de Smolett, de Prior, de l'Arioste, de Fielding, qui pourtant disent d'étranges choses pour un siècle aussi chatouilleux. Autrefois je maniais la plume avec beaucoup d'ardeur, et la guerre poétique était fort de mon goût; je me rappelle le temps où toute cette hypocrisie eût provoqué de ma part des observations dont je m'abstiendrai ai]û<>urd'hui.
Gomme les enfants mment li batailler, mon enfance
aimait les querelles; mais aujourd'hdi je préfère rester en paix, et je laisse tout cela à la populace littéraire ; soit que la gloire de mes vers s'éteigne du vivant de la main qui les traça, soit qu'elle fasse un bail de quelques siècles, le gazon de mon tombeau croîtra tout aussi longtemps, et se balancera, non aux sons de la lyre, mais au souille de la brise nocturne.
CEOWIES DE LORD BYROS
Chez ces poêles qui sont venus jusqu'à nous h, travers la dislancc des temps et des langues, chez ces nourrissons-dé la gloire. Ut vie aamUe être la moindre portioa de leur existenee : quand ^§1 sièclet l'accumulent sur un nom» c'est coMBeonebouledeAeigetuîseiirefitttde tous les floc<Hia qu'elle iraooiilra»<et oontmim à «ouler jusqu'à de?enir peutêtre une montagne de glace -, mais, apsès loult 06 n'est gue de la neige.
Cî.
Et tous ces grands noms ne sonf plus que des noms; et l'amour de la f^'loire, qu'une frivole convoitise, trop souvent latale, dans son délire, à ceux qui voudraient voir leur poussière survivre, pour ainsi dire, à la destrucLion, qui, immokmtlouie^riiose, ne doit laisaer, «jusqu'à la venue du Juste, » qu'un papéÉuel ohnugmnnnt ! Met pieda ont foidé la tombo d'ifihiûe, «t fai tflBteiUu douter 4o Troie; -un jour on doutaajdeJVne.
CH
Tout passe, jusqu'aux générations des morts; la tombe hérite de la tombe, jusqu'à ce que la mémoire d'un siècle se soit évanouie, et qu'il ail été enseveli pour faire place au siècle auquel il a donné naissance. Où sont les épilaphes qu'ont lues nos pères, à l'exception d'un pelit nombre, glanées dans les ténèbres du sépulcre où dorment, sans noms, tant d'èires hiiomhfables qui^en avaient un et l'ont |»erdtt dansia «mil H&tveieeUo ?
cm.
le passe chaque jour devant le lieu où périt dans sa gloire arflMit qui véout 4rop4oagtemps pour le genre hu- ' «ain, gaia mourut trop tAt pouri'humainft vanité, le jeune de Fek ! Une colomK brisée, taillée avec goût, mais dont 1 abandon accélère le déclin, racôiile le carnage de Ravenne, pendant que des immondices et des plantes parasites s'accumulent à sa base.
Je passe chaque jour devant le lieu où repose la cendre
d6 Daaie. Une peiile eoi:q[>o1e, plus simple que majestueuse, protège Ba-cendie; ma» e*<e8t la Umikeidu baede, -et mm. la colonne du guerrier, qu'ici l'on révère. Ub temps'viendm ot, partageant la même destinée, le trophée du conquérant et les pages du poète disparMtfûnt égaïement dans la unit qui Rcoum ilef tiianlB «t fverreB antédem à Ut morl d'Achille et à la naissance dlloiiière.
Cette colonne fut cimentée de sang humain; cette colonne est souillée d'immondices humains, comme si par ces souilkwes le paysan grossier voulait manii'esler son mépris pour ce lieu. Voilà eonune on traite un trophée ; tquWe £oil ainsi regrettée la mémoire de ces Hmiers de la guerre dont i'in- 8lîMt>ée«nigeti4e9Miem MttoMMltteiilateneoMsonf" tenMKue ie itateii'a vnes-qulux enfm*!
Cependant, il y am snecnedw^fOêieB: ipnîqne la gtaim
ne -sent que fumée, cette fumée 'est de l'encens pour la pensée humaine, et le senlimciii inquiet qui donna naissance aux Iireniiers vers lui demandera ce qu'alors il lui demandait. De même que les vagues viennent h la fin se briser sur la plage, de même les passions, poussées à leurs dernières limiles, éclatent en poésie; car la poésie n'est que passion; en ^t aiB«,<da VÊmm, mniA qu'«Ue devint une mode.
'fiiéans le «oai8d*«ie wim mmamat <0t ewlemplaliTe, ét$ honuBes qoi» cImmi lÉtent, pramentieur {nrt de i»nlBB les^paewenB, acquîèiwt ia pjgfipnde et aatee teuité de j»léler leortmage, coaniie dawone glace, avaC'dei^OfnikaBB
si vraies qu'on dirait qu'elle Tit, en leur interdisant de la
montrer, vous aurez raison peut-être, mais (ii mon avis) ivous aurez^àté un i)eau jpoëme.
0 vous qui faites la forlunc des livres, charitahles et bleus ^rsonuages du second sexe, 4iont les beaux ^eus ae char- *0ent d'annoncer les poëmes aanfeam, me nAiserez-yous votre « imprimatur-? n^^uei ! me oandwmiwra-ro» h ronUi
i72 OEUVRES DE I ORD BYROlf.
de Toifice, ce Coraouailles où l'on pille les naufragés du Parnasse?... Ah ! faut-il que je sois le seul poète non admis il goûter ?olre ibé de Gastalie !
en.
Eh quoi! ai-je done cessé d*ètre f un lion,» un poêle de bal, une marotte de salon, un eniisnt gâté littéraire? Ne me Terra4-on plus, aecablé de compliments insipides, m'écrier
comme le sansonnet d'Yorick : « Je ne puis sortir d'ici ?» En
ce cas, je vais, comme le pocte Wordsworlh*, furieux que personne ne le lise plus, m'écrier qu'il n'y a plus de goût au inonde, que la gloire n'est qu'une loterie tirée par les bas bleus d'une coterie.
ex.
O bleuêif » profimdément^ si ohseurénmêf s» adimirabl&' ment bleues (comme Ta dit du ciel je ne sais quel poète, et comme je le dis de yous, é nos doctes dames ! ), on rapporte que Toe bas sont bleus (Dieu sait pourquoi ; j'ai rarement eu occasion d'en Yoir de cette couleur), bleus comme la jarretière qui orne avec sérénité une jambe patricienne au bal de la cour ou au lever du roi.
Pourtant, il est parmi vous d'angéliques créatures ; mais le temps n'est plus où, tandis que vous lisiez, nous lisions, vous dans mes slances, et moi, amant rimailleur, dans vos traits; où, — mais n'importe 1 tout cela est passé; quoiqu'il en soit, je n'ai point de répugnance pour les doctes natures, car parfois elles recèlent d'innombrables vertus; je sais une dame qui appartient k cette école azurée : c'est la femme la plus charmante, la plus chaste» la meilleure, — mais tout à Mi sotte.
Ilumboldt, a le premier des voyageurs, » mais qui n'est pas le dernier, si nous en croyons des rapports récents, a inventé, sous un nom que j'ai oublié, comme aussi la date de cette découverte sublime, un instrument aérien destiné à constater l'état de l'atmosphère en mesurant « l'intensité du bleu i»ù lady Daphné ! permettez que je vous mesure !
OON JUàN. CHANT IV.
Mais reprenons notre récit. — Le vaisseau chargé d'escîa- Tes qui devaient être vendus dans la capitale, après les préliminaires d'usage, jeta l'ancre sous les murs du sérail; sa cargaison, étant saine et exempte de la peste, fut débarquée, amenée au marché, et là, aTecdes Géorgiens, des Russes et des Circassiens, mise en Tente pour senir h divers projets et h maintes passions.
Quelques-uns se vendirent cher; on donna jusqu'à quinze cents dollars d'une jeune Circassicnne, fille charmante, garantie vierge ; la beauté, lui prodiguant ses teintes les plus brillantes, l'avait ornée des plus célestes attraits: sa vente désappointa plus d'un enchérisseur qui avait été jusqu'à onze cents dollars; mais, quand cette somme fût dépassée, ils virent que c'était pour le compte du sultan, et se r^riûrent aussitôt.
Douze négresses de Nubie furent vendues k un prix qu'elles n'auraient point obtenu sur le marché des Indes occidentales, bien que Wilberforce ait fait doubler la valeur des noirs depuis l'abolition; et il n'y a rien là qui doive étonner; car le vice est toi^oum plus libéral qu'un roi : les vertus, et même la plus sublime de toutes, la charité, sont économes; — le vice n'épargne rien quand il s'agit d'une rareté.
CXVÎ.
Mais pour ce qui est de savoir ce qu'il advint de cette jeune troupe, comment les uns furent adietés par des pachas, d'autres par des juifs, comment ceux-ci fùrent obligés de se courber sous des làrdeaux, et ceux-là forent promus à divers commandements, en qualité de renégats, pendant que les femmes étaient tristement groupées ensemble, Dsdsant des tœux pourn'étre pas dioîslesparunvlsir trop vieux, et qa'oft les achetait une à une pour en foire une maltresse, une quatrième femme, ou une viclimey
174 ccotm BB LOim vam,
CXTIÏ.
Tout cela doit^ifre n'^servé pour la suite du poème; noire discrélioii ajournera aussi, pour le moment, et quelque désagrOable quacelasoil^le récit de ce qulam^aànotre héros» aUeiuUi que ce chant est déjà trap lofi^; je sais combien: le9 vedite» août dépkwéwy floaia je ne ponvate» l»i de mm», ea metltt. meine; renvoyow donc lit eentinmlieBr de Don Juan à ce que, dans Ossian, on nomnw le eiff|i^aie âum*
KOVES- MJ CBANT QUATRIEaK.
' Aateor da poème de Morgantê Magiof§, tnduU en enlifiE d^ l'italien pnrloni Bynm. Jf. êu Trad,
s J^ti ohereKé <|nelle pouvait être U nison pour laquelle je m'éveille tons le».matiiu à uae certaine heure, et dans les mtana dispositions d»
mélancolie^ je puis môme dire de désespoir, de découragement et de dégoût pour les choses mômes qui me plaisaient la veille. Cela dure une heure ou deux ; puis je me rendors, et je me réveille tranquille. Je fus atteint en Angleterre, il y a cinq ans, d'une sorte d'hypocondrie du même genre, accompagnée d'une aoif ai TlaiiiiCe, que J'ai bu plua de treiae bonteillea d'eaa de Selts dans une nuit aana pouvoir apaiser ma aoiL Auiourdirai, je ne suit phta dtéré ; mais mm accablement moral n'est paa moins grnnd. Qu'est^?— Jka flrief Je fliq^peaa que to«l eela eat de ritypocon» dric. B. iS2l.
s Le rack est de rcau-de*Tie.de sucre. Ce mot» en aoglaia» signifia auses torture. N. du Trad, *■ Hancocanti peut se traduire par vote de chevar, N. du Trad, • Dana le tssia* 11 y » Wordy ; puda il eat évident qq» e'earVbrdawortli qoe l'anteur a voaladéaigner. VMraignililmt fm^.m99idg davnât UU* téralementae traduire par M5leiir,«aftMi^fl«Mdkiiir« If^duTnA
GBÀNT CINQQIÈUJL.
Quand les poètes érotiqaes chantentMirr amonie en yerv
liquides, mielleux et doux, et accoQpient leurs vers comme Vénus attelle ses colombes, ils ne se doutent pas de tout le mal qu'ils peuvent faire -, plu^ leur succès est grand, plus le
BO» nàJH. CHANT V. f79 '
péril est grave : témoin les vers d'Ovide, 11 n'est pas jusqu'à Pélranjuc lui-même qui, jugé sévèiement,. Uô sûit le plato« nique corrupteur de la postérité.
le dénonce donc tout eurrage érolique^ eicepté eem qui* Ètmi écrits' de manière à n'aToir rien d'atfrayant, simples, — sans art» » cencis, peu propres h séduire, attachant urae
morale à chaque faute; composés pour instruire plutôt que pour charmer, et attaquant tour à tour toutes les passions; aussi, à moins que moû Pégase ne soit mal ferré, ce poëme sera un modèle moral.
in.
Les rives d'Eniope et d'Asie, tontes deux parsemées de palais; (^h. et Ik nn Taisseau de guerre sîlîonnant le fleuve océaniiQaei; Sainte-Sophie et sa coupole étincelante d'or; les
bois de cyprès; le haut Olympe au front blanchissant, les douze îles; enfin tout ce tableau plus magnifique que je ne saurais le rêver, encore moins le décrire : tel est le spectacle qui charmait la cliarmante Marie Montagu.
IT
Tai une passion pour le nonii de c Marie; » c'était autre- . lais un son magîqp» knna oreille;: et maintenant encore il évoque Ikderol dans ma pensée ces- royaumes de féeries o%
je voyais ce qui ne devait jamais être ; tous mes sentiments ont changé, mais celui-ci fut le dernier h varier; c'est un charme dont je ne me suis pas encore complètement affranchi. Mais voilà que je deviens triste, — et laisse refroidir une histoire qui ne doit pas étco contée sur un ton pathétique.
he vent diasBait devast lui les eaux de FEuitoi el lor vagoo 66 brisait écumante contre les rodies bleues des Symple*
gades. Qufel coup d'œil lorsque, de la « Tombe du Géant', » on suit les progrès de celle mer qui roule entre le Bosphore, frappant et baignant de ses flots l'Europe et l'Asie, et qu'on assiste tranquille à ce sublime spectacle ! De toutes les mers
476 CEoms de lobd sYROti.
où le voyageur a eu des nausées , aucune n'offre des brisants plus dangereux que l'Euxin.
C'était Tun de ces jours piquants et froids qui commencent rautomne, où les nuits soiU égales, mais non les jours; à cette époque, les Parques coupent brusquement le iil de la destinée des marins; les tempêtes bruyantes soulèvent les flots sur les mersy et le repratir des fautes passées dans le cœur de tous ceux qui voguent sur le vaste abîme : ils promettent d'amender leur vie, et pourtant ils n'en font rien; parce que s'ils sont noyés ils ne le peuvent; s'ils échappent ils ne le veulent plus.
Sur le marché, on voyait une foule d'esclaves tremblant^, de toute nalion, de tout âge, de tout sexe. Chaque groupe, avec son marchand , occupait une place distincte. Pauvres gens! leur bonne mine était bien changée! Tous, k Texception des noirs, semblaient regretter amèrement leurs amis, la terre natale et la liberté. Les noirs montraient plus de philosophie 9 accoutumés sans doute à l'esclavage » comme l'anguille à être écorchée.
▼iii.
Juan était jeune, et plein d'espoir et de santé, comme on
l'est k son âge; j'avouerai pourtant qu'il avait l'air un peu triste, et que de temps k autre une larme furtive sillonnait sa joue ; peut-être le sang qu'il avait récemment perdu avait-il un peu abattu ses esprits ; et puis, perdre une grande fortune, une maîtresse et une position si confortable, pour être mis en vente parmi des Turcs !
Tout cela était bien fait pour ébranler l'âme d'un stoïqne; néanmoins, au total, son altitude était calme; sa personne et la splendeur de son vêtement, dont il avait conservé quel* ques restes brillants, attiraient sur lui les regards, et faisaient deviner à sa mine qu'il était au-dessus du vulgaire; et puis, malgré sa pâleur, il était si beau! et puis, — on comptait sur sa rançon.
Oigitized by
. OOM JUAN. CflANT V. 17*7
La place, semblable ii un jeu de trictrae, iqaoSqae plus inégalièrement bigarrée, était parsemée de groupes noifs et blancs exposés en tente. Les unis choisissaient le jais; d*autres préféraient la couleur pâle. Parmi tous ces gens à vendre, un homme de trente ans, robuste et bien taillé, avec des yeux d'un gris foncé oià se peignait la résolution, se trouvait à côté de Juan, attendant un acheteur.
Il avait l*air anglais; c'est-à-dire quMl avait de la carrure, un teint Manc et coloré, de belles dents, des cheveux bouclés d'un brun foncé, un front ouTort, où la pensée, le traYail ou Fétude avait laissé quelques traces de souds; une édiarpe tachée de sang soutoiait Funde sesbras; £1 y avait dans son attitude un td sang-froid qu'un simple spectateur n'eût pu en montrer davantage.
Maïs voyant auprès de lui un jeune adolescent qui paraissait plein de cœur, quoique pour le moment fléchissant sous le poids d'une destinée qui avait abattu même des hommes, il ne tarda pas à manifester une sorte de brusque compassion pour le triste lot d'un compagnon d'infortune si jeune encore. Quant à lui , il regardait sa mésaventure comme n'ayant rien que de très ordinaire, comme une chose toute simple.
« Mon enfmit! » lui dit-il, « dans cet assemblage confus
de Géorgiens, de Russes, de Nubiens, et de je ne sais quoi encore, tous pauvres diables, ne différant que par la couleur, avec lesquels le hasard nous a confondus, il n'y a de gens comme il faut que vous et moi, ce me semble; faisons donc connaissance, ainsi que nous le devons; si je pouvais vous offrir quelque consolation j'en serais charmé ; — de quelle nation étes-vous, je vous prie? »
Quand Juan lui eut dit : « le suis Espagnol, » il répondit : « Je pensais en effet que vous ne pouviez pas être Grec ; ces
ils OEUVRES DE LORD BYfiOM.
chiens serviles n*ont pas tant de fierté dans le regard. La fortime «msaioBé un joli Imur» anais c'est sa JDHJMère d'ea unr anee 10» ki hMMMt, pour les 4pwiira; fiie4sèla m wm iafuîèle ^ : — ^ans buit jows«lle chatgesa ftmtr éire; die traité kf&à yiès ^^mume foos, avec eette^difli^ nmat qu'i i^atie&ttiquiiêitMavaiafOiir aïoi* »
wr,
— « Monsieur, » lui dit luan, « oserais-je vous demaBder ce qui vous a amcn6 ici? » — « Oh ! rien de bien merveilleux : six Tarlares et tine chaîne. » — «Ce que je désirais savoir, c*est, si la demiiiide n'est pas indiscrète, ce qui vous a valu ce destin. » — « J'ai servi quelques mois, et en divers lieux, dans l'armée russe, et, faisant dernièrement le siège d'une ville par ocdffe de SouwaMw, au dieu de iffandue Widdia^ 6'«6l mm fui aii6lé iHEifi. »
— N'avez-vou8 pas des anis? » — - < Ten ai eu, mats, grtee à Pieuy û yateagtOMps qu'ils ae fli*Qiit îjmiportiinéide leun ssaviettes. MalnkmnMt que j'ai véîpoiMhi sans héeUa h
toutes vos quesiions, vous devez me montrer la même C04irtoisie. » — « Hélas! » dit Juan, « ce serait une longue et douloureuse histoire. » — « Oli! s'il en est réellement ainsi, sous les deux rapports vous failes bien de vous taire : une Ilifitûire lugubue attci&te davantage quand die est loi^gue.
(( Mais ne vous découragez pas : k votre âge, la fortune, liien que terne passablraent iacsastante, ne vous laissera pas longtemps daîis une leUe passe, attendu ^ue vous a'>étei pas «m mad. D'aitteurs, vouloir lutter ^Matre notre destin, ce serait oonme ai l'i^i voulait oombaUrBlaiuicilk. Les bsBuaes soat le Jouet des circonstances fuaBdJes drcanatances semblent le jouet des hommes. »