XI1I
Elle n'était pas excessivement vive, mais elle s'insinuait
dans votre âme, comme l'aube d'une journée de mai; ses yeux n'él incelaient pas k vous éblouir, mais, k demi clos, ils captivaient doucement ceux qui les regardaient; on eût dit (c'est une comparaison toute neuve) qiio , récemment cniantée par le ciseau, nouvelle statue de Pygmalion, elle s'é-
S30 CEOYRBB HE LORB BTROll*
veillait, et que, la lulle entre la femme et le marbre n'étant pas achevée, elle s'épanouissait timidement à la vie.
a Comment vous nommez-vous? » dit Lolah à la nouvelle Tenue. « — Juanna. — Fort bien, c'est un fort joli nom. » — «D'où venez-vous? » lui demanda Kalinka. «—D'Espagne.—Où est TEspagae ? — Ne faites point de ces «{uestions sottes, et nenonirez pas ainsi votre ignorance géorgienne; fi donc ! » répondit LfMaiy avec nn accent un peu dur, hht pauvre Katinka ; « l'Espagne est une Ue, près du Maroc, entre TÊgypt^ et Tanger. »
ILT. *
Boudon ne dit rîen, nais elt» sfaasil waptH de Juanna,
jouant avec son voile ou ses cheveux; puis, la regardant iixement, elle soupira, comme si elle Teût plainte d'être là, jolie étrangère, sans auii et sans guide, et toute confuse de l'étonneraent général qui, par tout pays, accueille les malheureux étrangers, avec de chaorttabks otMCiTaliiMis sur leMB .mainUen et leur physionomie*
Mais en ce moment la mère des vierges s'approcha, et dit : « Mesdames^ il «si temps d'aller se eoucbere Je ne sais Inp que faire de vous» ma chère, » ajouta-^Ue en s'adressant h Juanna, la nouvelle odalisque : « nous n'attendions pas ici Totre arrivée, et iouS' les lits sont eccupés : si voua voulez, vous partagerez le mien ; mais dès demain da bonne beoie tout sera arrangé de la manière convenable^ »
Ici Lolah intervint : — a Maman, vous savez que vous ne dormez pas très bien; je ne soulVrirai pas qu'on trouble votre sommeil ; je prendrai Juanna avec moi : nous sommes minces toutes deux, et chacune de nous tiendra moins de place que vous. Ne dites pas non; c'est moi qui me charge de la jeune étrangère. » — Mais ici Kalinka l'interrompit, et dit qu'elle aussi avait de la compassion et un lit.
€ D'ailleurs, » ajouta-trelle, « je déteste coucher seule. »
IKMf nSJM. CIÂNT TI. S3t
La nntnfselimaçaie sourcil : c Bourquoi cela?» — -t le cteias les rereHaslB» lépeAdH Ketoïka : il m sembie imt un te» Itae eux quatre cwiM 4e siob Mt^ et puis j'ai des Téiea
affireox; je ne ntfs que gu^wes, fiaours, giims et goules. » La dame répondit : « Entre vous et vos rûves, je crains bien que Juanna n'ait guère le loisir d'en faire.
XL IX
a Vous, Lolah, tous continuerez à dormir seule, pour raisons à moi connues; vous de même, Katinka^ jusqu'à nouvel ordre; je placerai Jaanna afee Deuéou, qui est une fille tranquille, inoffensiTey silencieuse, modeste, et qui ne pa^ sera pas la nuit à renuer et à baliifier.Qafea dites-vous^ am enfant? » — Doudou ne dit rien» car ses qualités étaient de f espèce la plus stocieuse.
Ibts eHe selera, Msa ki «ationi sur le irant, entre las
deux yeux, Lolah et Ratinka sur les deux joues; puis, inclinant légèrement la tête (les révérences ne sont en usage ni chez les Turcs, ni chez les Grecs), elle prit Juanna par la main pour la conduire au dortoir, laissant à leur dépit ses deux compagnes, piquées de la préférence accordée îi Doudou par la tnatrone, mais gardant le silence par lespecL
Le dortoir [oâa est le nom turc) était une pièce spacieuse; le long des murs étaient tancés des lîts^^des loileUes^ — et bien d'autres objets encore que je pounaîa déense, car j'ai tout tu; qu'il tnî&BB ét savoir fa» ne» wty manquais e'était, en somme, une salle magnifiquement meublée» contenant tout ce que les dames peuvent désirer, sauf un ou deux artides, et eKOie ceu-lbétaiaiil-ils plus pièa d'ailes, qu'elles ne le seopçonciipnl,
lA.
Donc, avems-noos dit, Doudeo était une douce créature, qui, sans éblouir, était extrêmement séduisante; elle avait les traits les plus réguliers du monde» de ces traits que les peintres ne peuvent saisir du premier coup, comme ces visages qui pèchent contre les proportions» — comme ces
f3S CECntKS DE LORD BTltOM
brusques ébauches de la nature, que l'artisle attrape sur-lechamp, pleines d'expression, bonne ou mauvaise, qui frappent à la première vue, et dont la reproduction, soit qu'^e plaise ou déplaise» u'en est pas moins resa^blaale.
LUI
C'était un suave et doux paysage, où tout était harmome, calme et repos, où tout était luxuriant et frais; elle avait eette gaieté transite q^, si elle n'est pas le bonheur» en approche de plus près «pie toutes ces grandes passions que certaines gens qualifient de c sublimes; » ]e voudrais les voir en essayer, j'ai vu les orages dans l'Océan et dans la femme, et j'ai plaint les amants plus que lea matelots.
Mais elle était pensive plutôt que mélancolique, et sérieuse plutôt que pensive, cl par-dessus tout, elle avait une tran- * quille sérénité; il ne semblait pas que jusque-là rien eût altéré la pureté de son âme. Chose étrange ! belle et k dixsept ans, «lie paraissait ignorer si elle était blonde ou brune, petite ou grande; eUe n'avait jamais arrêté sa pensée sur elle-mâme.
Cest pourquoi elle était douée et bonne comme Tâge d'or (quand l'or était inconnu , ce qui lui a valu son nom; de iBdme qu'on a pu dériver lucus detion luoendOj on l'a nommé
en raison, non de ce qu'il était, mais de ce qu'il n'était pas; c'est un style devenu très commun dans ce siècle, dont le diable peut bien décomposer le jnélàl, mais ne saurait le classer.
Je pense que ce pourrait bien être de « l'airain de Corinthe, » qui était un mélange de tous les métaux, mais où le bronze dominait). Lecteur indulgent, passe-moi cette longue parenthèse, je n'ai pu la clore plus tÀt, sur ma parole! Place mes fautes dans la catégorie des tiennes; ce qui veut dire: accorde-leur, ainsi qu'à moi, une interprétation favorable. Tu ne le veux pas?— peu m'importe, * je n'en ferai pas moins k ma tête»
WiH iU», CBART VI.
Il est temps de retenir à notre simple récit; j'en reprends d<Hic le fil. Doudou, avec une amabilité sans afiectation, conduisit Juan, ou lianna, dans tous les détours de ce labyrinthe de femmes» et hii décrivit chaque endroit, — chose étrange! en très peu de paroles; jc n'ai à mon service qu'une comparaison, encore est-elle absurde, pour peindre une femme silencieuse ; c'esl celle d'un lonnerrc înuet.
Lvin.
Puis, causant avec elle (je dis elle, parce que Juan était encore du genre épicène en apparence du moins (correctif nécessaire), elle lui donna un aperçu des coutumes de rOrient, et de la chaste intégrité de ses lois, en vertu desquelles plus un harem est nombreux, plus rigoureuses de* viennent les vertus virginales des belles surnuméraires,
Puis elle donna à luanna un chaste baiser; Doudou aimait beaucoup à baiser; h quoi» sans doute, nul ne saurait trouver àredire^carc'estun passe-temps fort agréable, pourvu qu'il soit innocent; et, entre fémmes, un baiser ne signifie rien, si ce n'est qu'elles n'ont, pour le moment, rien de mieux ou de plus nouveau h leur portée, a Je b^iise » rime à a bien aise », en réalité comme en vers **; heureux s'il n'en résullail pas de plus fâcheuses conséquences!
Dans la sécurité de l'innocence, elle se déshabille^ ce qui fut bientôt fait, car elle était vêtue sans art, comme un enfant de la nature. Si parfois il lui arrivait de donner un coup d'ceil au miroir» c'était comme le faon timide» qui» en prenant son élan» aperçoit son ombre dans Tonde du lac» et revient sur ses pas pour admirer ce nouvel habitant des flots.
Et elle quitta,' l'une après l'autre, toutes les parties de son vêtement; mais ce ne fut pas sans avoir d'abord offert son aide h Juanna, qui le refusa par un excès de modestie ; elle ne pouvait» en conscience» faire moins; cependant elle paja
234 ocirvRES be lord btron.
un, peu cher celte politesse, en se piquant les doigts avec
ees maudites épingles, iafentées» sus éèfM, pm aos pé-
Ezn.
Bl f{ut Ibut d^iDO ftuBHie me softo dhi pon^'^pie ^pi*0B m saurait temdier irapunéflieiit. RedontM-ks «ntoitt, d ymm que le destin réserre, coniBecekiiireatairifédsnsninJaih
nesse, à servir de femme de chambre li une dune enfMli
je fis de mon mieux en l'habillant pour un bal masqué; je plaçai les épingles en nombre suffisant, mais pas tOMjoars où elles auraient dû être.
Kafis ce sont là des futilités pour des gens sages, et j'aime la sagesse plus qu'elle ne m'aime; j'ai une tendance à philosopher smrtoiit, depuis un ^yiaBjoiqu'à uii arbre; ce qui n'empêche pas qaelàviriti, cette vierge immaculée, continue k me fuir. Que sommes-nom? VoftYenMn-aoasPQaeUesara notre existence idlérienre? qneHe asf notre «nslenee «otueffe? Questions insotidiles, et qui pourtant vsnencentsais cesse.
tXIT.
Un silence profond régnait dans le dortoir; les lampes, placées à dislance les unes des autres , ne jetaient qu'une lumière incertaine , et le sommeil planait sur les form^ charmantes de toutes ces jeunes beautés. S'il est des esprits qni reviennent^ c^estici qu'ils auraient éù. errer, dans leur plus aérien appareil : cela eût fait évrersion è leurs piouienades sépulcrales; c^eât été faire preuve éê mtÊÛmâ goift que dé continoer i hanter éd vittQes raiBea se 4a sauvages solitudes.
Tout autour reposait un cercle nombreux de beautés» semblables a ces fleurs différentes de tige, de couleur et de patrie, transplantées dans un jardin exotique, où elles croissent à grands frais à force de soins et de chaleur. L'une, avec sa chevelure châtaine nouée négligemment, et son beau front doucement incliné» comme le fruit qui pend au rameau>
DOR JOkV. CHAUT VT. 935
sommeniaft arec une respiration calme, et ses lèvres entr'oa- Tertes laissaient voir un double rang de perles.
LXVT.
Une autre, au milieu d'un rêve brûlant et délicieux, ap> puyait sur un bras d'albâtre sa joue vivement colorée; kg boucles luxuriantes de sa noire chevelai» élMeat éparses sur son front. Elle souriait aa milieu de md tèw, ti, teHe que la Icne qd perce an Buage, découTrant la mioMé d« ses beautés, pe&dant qa^dle tressaillait mms ma MmvI de fieigey eu eCtt dit ^ ses Vraies profilaicul de Mnuwi discrète de MtoR peur se Hiontm tinsdsssent kki laaièie.
Lxyii.
Cela semble impliquer contradiction; mais il n'en est rien, car il faisait nuit; mais, comme je l'ai dit, la salie était éclairée de lampes. Une troisième, dans ses traits pâlissants, offrait l'image de la Douleur qui dort; et on voyait, aux soulèvements de son sein, qu'elle rêvait d'un ri- Tage adoré, de la patrie absente; el cepeodaat desi larmes silkiifiaient lentement la noire frange de ses jen, cesuM les gouttes de laïaaéa éalaiMiitl^iUaBiiBf teaetifameatt d'un cyprès*
LXVUI.
Une qjoatEièoie» immobQe et silencieuse comme une statue de marbre, dormait d'un sommeil profond» muet et in* sensible; blanche, fh>ide et pure comme un ruisseau glacé, ou le minaret de neige d'un pic des Alpes, ou l'épouse de Lot
changée en sel, — ou tout ce qu'il vous plaira : — voilà un monceau de comparaisons; prenez et choisissez; — peut-être TOUS contenterez-vous d'une ûgure de femme ^sculptée sur une tombe.
Hais quoi! une cinquième paraît; et quelle est*elle?Une dame d'un c certain $ge », ce qui veut dn*e certainement Agée; — j'ignore quel poutait être son ftge, n'ayant jamais compté les années d^une ftmme an ééS^ de dix-neuf; mais enfin elle était là qui dormait, un peu moôa belle qu'arant d'être arrivée & cette désolante période qui met à la retraite
236 0ET1VRES DE l ORD BVnON.
hommes et femmes, el nous envoie mikliler sur nos pécliés et sur nous-mêmes.
LZZ.
Pendant ce temps-là ^ comment dormait» comment rêvait Doudou? Cest ce que les recherches les plus assidues n'ont pu m'apprendrc, et je ne voudrais pas hasarder on seul
mot qui ne fût pas vrai ; mais h l'heure où la moitié de la nuil s'était écoulée, h l'heure où la lami^^e des lampes commenç^iil à devenir hleuàlre et vacillante, où les fantômes planaient dans la salle, ou semblaient y planer aux regards de ceux qui affectionnent leur société» en ce moment, dis-je» Doudou poussa un cri»
• tzzi.
Un cri si aigu qu'il éTetlla tout Toda en sursaut, et causa une commotion générale; de tous les points de la salle, ma* (rones, vierges, et celles dont on pouvait dire qu'elles n'étaient ni Tune ni l'autre, accoururent enfouie, l'une poussant l'autre, comme les vagues de l'Océan, toutes tremblantes, étonnées, et ne sachant pas plus que moi ce qui avait pu éveiller si bruyamment la paisible Doudou.
mil.
Elle était effectivement bien éveillée; autour de son lit
ses compagnes arrivèrent d'un pas léger, mais précipité, avec leurs draperies flottantes, les cheveux épars, les yeux avides, la gorge, les bras el les pieds nus, et plus brillants qu'aucun météore du pôle septentrional ; ~ elles s'informèrent de la cause de son effroi, car elle semblait agitée, émue, effrayée; ses } eux étaient dilatés, et ses joues couvertes d'une vive rougeur.
LXXUI.
liais ce qui est surprenant,— et ce qui prouve oombién c^est une excellente chose qu'un sommeil salutaire,— Juanna dormait profondément; jamais époux ne ronfla d'aussi bon
cœur auprès de la compagne unie à son sort par le saint nœud du niariaçre. Les clameurs ne la purent tirer de cet état fortuné ; il fallut la réveiller, du moins on le dit -, — et
a.ors, enûn, elle ouvrit de grands jreuz« et bàiiU, Tair modeste et surpris.
Lxxnr.
AIo» commença une stricte investigation. Ciomme toutes parlaient à la fois» exprimant leurs conjectures ou leur élonnementy et demandant le récit de ce qui s'était passé, un
homme d'esprit et un sot eussent été également embarrassés
de répondre d'une manière claire et intelligible. Doudou n'avait jamais passé pour manquer de sens; mais, n'étant pas a orateur comme Brutus^*, » elle eut d'abord beaucoup de peine à s'expliquer.
tXÎV.
Enfin, elle dit que, dormant d'un profond somme, eUe avait rêvé qu'elle se promenait dans « une forêt obscure, » comme celle où se trouva Dante, à l'âge où tous les hom-n mes sont bons, à mi-chemin de la vie, alo^ que les dames, couronnées de YerUi, sont moins exposées à ce que les amants leur manquent de respect il lui semblait que cette forée était pleine de 4uits agréables, et d'arbres k végétation vigoureuse et h vastes racines.
Et au milieu, croissait une pomme d'or d'une énorme grosseur, — mais a une hauteur trop grande pour qu'on pût la cueillir; elle la contempla d'un œil avide, puis se mit à jeter des pierres et tout ce qui s'offrait à elle, pour faire tomber ce fruit qui continuait méchamment à adhérer h son rameau, où il se balançait k ses yeux, mais toujours à une hauteur désespérante.
Tout à coup, lorsqu'elle y pensait le moins, il tomba de lui-même b ses pieds; son premier mouvement fut de se baisser, afin de le ramasser et d'y mordre à belles dents;
mais au moment où ses jeunes lèvres s'apprêtaient à presser le fruit d'or de son rêve, il en sortit une abeille qui s'élança sur elle et la perça de son dard jusqu'au fond du cœur; — et alors elle s'était éveillée en sursaut^ et en poussant un grand cri.
S3ft CEOf AB8 DE LORD ETROIT.
Elle fit ce récit avec une ccrlaine confusion el un grand embarras, comme on en éprouve habituellement après un rêv e désagréaJjle, quand on n'a personne auprès de soi pour vous eu expliquer l'illusion et rexlravagance. J'en ai vu de singuliers qui semblaient avoir quelque ehose de prophétique, eiû£f£ir uaeétcAfii^e comcickacc^pour employex i'ezpressioa en ttu^e de AM jours
1«8 demoiselles, qui avaient redouté quelque grand malheur, commencèrent, comme cela est d" habitude après une fausse alarme, à gronder un peu Doudou de leur avoir causé une telle peur, et troublé pour rien leur sommeil. La matrone aussi, courroucée d'avoir quitté son Ut chaud pour le réfre qu'il lui avait fallu entendre , réprimanda la pauvre ftftiimi, 4yî joi|ûR, dimH ^'aUe -élaii iaobée d'à- MiroEié.
tSUOL
a J'ai entendu conter des histoires d*un coq et d*tin taureau; mais pour un rêve oiî il niest question que d'une pomme et d'une abeille, interrompre notre sommeil, et faire lever Toda tout entier, à trois heures et demie du matin, certes, il y a là de quoi nous faire penser que la lune est dans son plein. Assurément il y a en Toustpielqueeliose qm ne va pas bien» mon enfant. Nous terrons ce que peiH sera demain, de cette Tision hystérique, le médecm de 8t
lisutesse. '
txxxt.
«Et cette pauvre Juanna, encore! la première nuit que cette chère enfant passe au milieu de nous, voir son repos troublé par une telle clameur ! — J'avais jugé à propos de ne pas faire coucher seule cette jeune étrangère, et, comme la plus paisible de toutes, Doudou, j'avais pensé qu'avec tous elle aurait passé une nuit tranquille ; mais je vais maintenant la confier aux soins de Lolah, — bien que son Ht soit plus étroit que leTÔtre.»
MM JVAM. OLàlfX VU iKi
pawrre Pwtdêw, aiec4t gwMw Imwi, fiwillit deMaréve ou delà réprimandey demaadaii^fHtoe^piteiliiilpaBtfoimM
cette première ikute, lyoutaBl AViae voix douce et suppliante qoL'm vaiil iiîea Jaiâgcr Ivauia auprès d'elk;^ gfi'h Ta- «anir dk ^deiaii ^es rêves pour elle seule.
Elle promit de ne plus rêver désormais , ou du moins de Déplus r^ver si liaut; elle ne comprenait pas comment elle avait crié, — c'était bien sol k elle, elle en convenait; •e'éiaii uae abfirr atieA nerveuse, une folie jbaUucinalion , et un Juste sujet de moquerie; — mais elle se sentait abattue^ et priait qu'on voulût bien la Laisser; dans quelques heures éUaaurait surmonté cette faiblessoi et serait conmAétement lélablie.
Id» Juajoyaainternntcliarît«J)lement,disaift qu'elles^ lail Jbrt bien où elle était» comme le prouvait le sommeil
dont elle dormait tout îi Fheure, lorsqu'un bruit pareil îi celui du tocsin resonnait autour d'elle. Elle ne se sentait pas le moins du monde disposée a quitter sa compagne de lit, et à s'éloigner d'une amie qui n'avait d'autre tort que celui d'avpir uue fois rêvé mai à propos.
Quand Juanna eut parlé ainsi, Doudou se retourna et cacha son visage dans le sein de Juanna; on ne voyait plus que sa gorge, qui eà ce moment avait la ceuieur d'un bouton de rose. 7e ne saurais dire pourquoi elle rougit, ni expliquer le mystère de cette interruption du repos général; tout ce que je sais, c'est que les iàlts que je raconie oiït loole la véracité qui a régné dans le monde dans ces demim temps. /'
Souliai tons-leur donc bonne nuit, — ou, si mieux aimez, le bonjour : — car le coq avait chanté, la lumière du jour commençait à dorer les monts aaiatiqqes, et le croissant de
240 CBinrikBS n lord mon.
la mosquée à reluire aux regards de la longue caravane gravissant lentement, sous l'humidité de la rosée matinale, les pierreuses hauteurs qui flanquent rA&ie, aux lieux où le &aff voit à ses pieds les Kurdes.
UXXVII.
Au premier rayon, ou plutAtàlaprendèfeliieiir ^sfttrede
l'aurore, Gulbeyaz quitta sa couche d'insomnie, pâle comme la Passion qui se lève, le cœur dévoré d'inquiétudes ; elle mit son manteau, ses pierreries, son voile. Le fabuleux rossignol exhalant son chant de tristesse, le cœur percé d'une épine cruelle, est cent fois plus léger de cœur et de voix que ces êtres passioiméSy auteurs ifiseusés de leurs propres douleurs.
LXXXVIII
Et voilà justement la morale de eette composition, si les gens voulaient en saisir le véritable sens; mais c'est ce
qu'ils ne font qu'avec une certaine méfiance, attendu que les lecteurs charitables ont tous le don de fermer à la lumière leurs organes visuels; et puis les châritables écrivains aiment à s'accuser les uns les autres, ce qui est très naturel : le nombre en est trop grand pour qu'on puisse les flatter tous.
Lxxxn.
La sultane quitta donc un lit magniAque, plus doux que celui de l'efféminé Sybarite» dont la sensibilité ne pouvait supporter le pli d'une feuille de rose ; elle se leva si belle que l'art ne pouvait presque rien pour eUe : quoique pâlie parla lutte intérieure de l'amour et de l'orgueil, l'idée de son imprudence l'avait tellement agitée, qu'elle ne donna pas même un coup d'œil au miroir.
XG.
à peu près en même temps, on peut-être un peu plus tard, se leva son illustre époux , sublime possesseur de trente royaumes» et ^une femme dont il était abhorré; — circonstance bMucoup moins importante dans ce climat, — du moins pour ceux h qui leur fortune permet de tenir au grand
complet leur cargaison conjugale, — que dans les pays où deux femmes sont une marchandise prohibée.
XCK
II ne prenait pas grand souci de cette matière, ni mémo de toute autre ; en sa qualité d'homme, il aimait à avoir soui la main une jolie femme, comme on autre un éventail ; c'est
pourquoi il avait une abondante provision de Circassiennes, pour s'amuser au sortir du divan; toutefois, depuis peu il s'était épris pour les beautés de son épouse, de Je ne sais queUe ferveur d'amour ou de devoir.
XCÎI.
Il se leva donc, et, après les ablutions ordinaires commandées par les usages de l'Orient, après avoir terminé ses prières et autres évolutions pieuses, il but six tasses de café pour le moins, puis se retira pour savoir des nouvelles des Russes, dont les victoires s'étaient récemment multipliées sous le règne de Galherine, proclamée encore par la gloire la plus grande des souveraines et des catins.
Oloi, grand et légitime Alexandre, fils de son fils! que cette dernière épitbète n'offense pas ton oreille, si elle parvient jusqu'à toi ! — et, en effet, de nos jours les vers pénètrent presque jusqu'à Pélorsbourg, et, grâce à leur redoutable impulsion, les vagues gigantesques du fleuve menaçant de la liberté vont mêler leur murmure aux mugissements de la Baltique; pourvu que tu sois le iils de ton père» c'est tout ce que je demandai
zcnr.
Appeler les gens fils de l'amour, ou proclamer leurs mères les antipodes de Timon, ce KeSUfeur du genre humain, ce serait une honte» une calomnie, ou tout ce qu'il plaira h la rime; mais les aïeux sont le gibier de l'histoire, et si le faux
pas d'une dame imprimait un sceau criminel à louies les générations, dites-moi, je vous prie, quelle généalogie auraient à montrer les gens les mieux nésp
xcv. *
..Si Catherine ei le sultan avaient compris leurs véritables