‹ Œuvres complètes de Lord Byron DramesChapitre 15 sur 133 · MARINO FALIERO. — PRÉFACE · texte numérisé non relu

MARINO FALIERO. — PRÉFACE

Rome, et la Gava les Maures d'Espagne ; qu'un mari insulté appela les Gaulois à Clusium et de là à Rome ; qu’un vers de Frédéric II sur l’abbé de Remis, et une plaisanterie sur madame dePompadour amenèrent la bataille de Rosbach ' ; que de l'évasion de Dearbhorgil et do Mac-Marchal résulta l'asservissement de l'Irlande ; qu’une pique entre Marie-Antoinette et le dued'Orléans précipita la première expulsion des Bourbons? et, pour ne pas multiplier les exemples. Commode, Domitien, Caliguia, tombèrent victimes, non pas de leur tyrannie pubiique, mais d’une vengeance particulière; et l'ordre de l'aire débarquer Cromwell au moment où il partait pour l'Amérique, fut la ruine du roi et de la monarchie. En face de ces exemples, une simple réflexion sufllt, et il est vraiment extraordinaire que le docteur Moore ait pu s’étonner qu’un homme vieilli dans le commandement, qui avait rempli les fonctions les plus importantes, ait ressenti d'une façon terrible, dans un siècle barbare, la plus grossière injure que l'on puisse adresser à un homme, soit prince, soit paysan. L'âge de Faliero, bien loin d’être une objection, n'est qu’un argument de plus.

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Mail celle da TieilUrd e»t comme an gUke eideat Roagi dena la foyer. Le Jeune homme impmdent Attaqae à tout propoa et cberebe U beuüllet Et a’en repent bientôt ; le TieilUrd eat moina prompt A faillir, et ploa lent h pMdonner ^affro«t.

Les réflexions de Laugier sont plus philosophiques.

« Taie fù il fine ignomlnioso di un’ uomo, che la sua nascità, la sua elà, il suo carattere dovevano teuer lontano dalle passion! produttrici di grandi delitti. 1 suoi talenli per longo tempo esercitati ne maggiori impieghi, la sua capacité sperimenta ne governi e nelle ambasciate, gli avevano acquistato la stima et la flducia de’ cittadini, ed avevano uniti i suilragi per collocarlo alla lesta délia repubblica. Innalzato ad un grado che terminava gloriosamenle la sua vita, il risentimento di un' ingiuria leggiera insinuô nel suo cuore tal veleno che basto a corrompere le antiche sue qualité, e a condurlo al termine dei scellerati ; serio esempio, che prova non esservi elà, in eui la prudenza umana tia ticura, e che neW uomo reslano eempre

CeUVRES DE LORD BYROIf.

passiotii capaci a disonorarlo, quando non invigli sopra se stesso. a

Ou le docteur Moore a-t-il trouvé que Faliero demanda la vie ? ’ J'ai consulté les chroniqueurs, et n'ai rien tu de pareil. Il est vrai qu'il avoua (oui. H fut conduit au lieu du supplice ; mais rien n’indique qu'il ait imploré la clémence de ses juges, et le fait de la « torture semble prouver qu'il ne manqua point de fermeté. Une pareille lâcheté aurait été assurément relevée par les minutieux t chroniqueurs, qui sont loin de lui tire favorables ; elle contrasterait trop fortement avec son caractère comme soldat, avec le siècle dans lequel il vécut, avec l'âge auquel il mourut, comme avec la vérité de l'histoire. Je ne sache rien qui puisse excuser une calomnie ainsi lancée après coup contre un personnage historique; c'est assurément aux morts et aux infortunés qu’est due la vérité, et ceux qui sont morts sur un échafaud ont ordinairement assez de fautes à sa reprocher, sans qu’on leur en impute de nouvelles, que dément précisément cette résolution de caractère qui les a conduits à une ûq tragique. Le voile noir qui remplace le portrait que Marino Faliero devait occuper parmi les juges, l'escalier des Géants où il fut couronné, puis découronné et décapité, frappèrent vivement mon imagination, ainsi que son caractère farouche et son étrange histoire.

En 1819, je me mis plus d'une fois à la recherche de son tombeau dans l'église de San Giovanni et San Paolo. Un jour que j'étais arrêté devant le monument d'une autre famille, un prêtre vint â moi et me dit ; — « Je puis vous montrer des monuments plus beaux que celui-ci. > — Je lui dis que je cherchais les tombeaux de la famille Faliero, et particulièrement du doge Marino. — « Oh ! a me dit-il, < je vais vous le montrer ; * — et, me conduisant en dehors, il me montra un sarcophage incrusté dans le mur, revêtu d'uno inscription illisible. 11 m'apprit que ce sarcophage venait d'un couvent voisin, et qu'il avait été transporté là lors de l’arrivée des Fran(ais ; qu’il avait assisté à l'ouverture du cercueil, mais qu'il ne contenait que quelques ossements , sans que rien indiquât la fin de Faliero. La statue équestre dont j'ai fait mention au troisième acte, que j'ai placée devant l'église, n'est pas réellement celle d'un Faliero, mais celle de quelque obscur guerrier dont le nom a été perdu, quoique d’une date plus moderne.

Il y eut deux autres doges de cette famille avant Marino : Ordelafo, qui mourut à la bataille de Zara, en 1117 (où, depuis, son descendant vainquit les Huns}, et Vital Faliero, qui régna en 1082.

La famille, originaire de Fano, était une des plus illustres et des plus riches de la ville, qui contient les plus anciennes et les plus

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riches familles de l’Europe. L’élendue avec laquelle traité ce sujet, prouve tout l'intérêt que j'y porte ; que j’aie réussi ou non dans la tragédie, j’aurai du moing transporté dans notre langue un événement historique digne d'être conservé dans la méotoire dea hommes.

Je médite eet ouvrage depuis quatre ans ; avant d'en avcdr seru« puleusement examiné tous les détails, j'étais assez porté à lui donner pour fondement la jalousie de Paliero*; mais, voyant que cette interprétation n’avait aucun fondement historique, et que la jalousie est une passion épuisée au théâtre, je lui ai donné une forme plus historique. >’y fus en oulrc engsgé par feu MalUiew Lewis, que je vis à Venise en 181T : — « Si vous le représentez comme jaloux, • dit-il, « rappelez-vous que vous aurez à lutter centre des répulaitions déjà failes. sans parler de Shakspeare et des objections tirées de l'épuisement de ce sujet. Laissez au vieux doge son caractère ardent, qui vous soutiendra dans votre marche s’il est bien dessiné, et faites votre pi<:ee aus.si régulière que possible. > Sir William Drun>mond me donna à peu près les mêmes conseils. Ce n’est pas bmiî qui puis décider si je me suis plus ou moins rapproché de leurs insiruc-. lions, ou si elles ni ont été plus utiles que nuisibles. Je n’ai aueuQ projet pour le lliéàtrc ; peut-ôire dans son état actuel n’offre-l-il pas un grand sujet d’ambition. J’ai été trop longtemps derrière le rideau pour jamais songer à me faire jouer ; je ne puis concevoir qu’un homme d'un caractère irritable se mette à la merci d’un auditoire. Le lecteur dédaigneux, le crilique railleur, les traits amers d’une revue, sont des calamités énarses et éloignées ; mais les trépignements avec lesquels un auditoire éclairé ou ignorant accueille une production qui, bonne ou mauvaise, a été pour l’écrivain un long travail mental, voilà un supplice palpable et immédiat augmenté encore par le doute où l'on est de la compétence de ses juges, et par la certitude de l’imprudence que l’on a commise en les acceptant pour tels. Si j’élais capable d’écrire une tragédie que l’on jugeât digne d’être représentée, le succès me causerait peu de plaizir, et une chute beaucoup de peine : c’est pour cette raison que tout le temps que j’ai fait partie du comité d’un de nos théâtres, je n'ai jamais cherché à me faire jouer, et je ne le ferai jamais ; mais assurémrnt il y a des talents dramatiques dans un pays où existent Joanna Daillie, Millman et John Wilson La Ville de la Pette et la Prise de Jérusalem sont remplies du meilleur matériel pour la tragédie que l'on ail vu depuis Horace Walpole, si l’on en excepte quelques passages à.’Ethwald et de Uorufort. C’est aujourd’hui la mode

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de déprécier Horace Walpole, parce qu’il était noble et homme dn monde ; mais pour ne rien dire de ses lettres incomparables et du Château (TOlrante, i\ est l'ultimus liomanorum, l’auteur de /a Mère Mytiirieuse, tragédie du premier ordre, et non un drame d’amour larmoyant; il est l'auteur du premier roman et de la dernière tragédie de notre langue, et digne, assurément, d’occuper une placo plus élevée qu’aucun autre auteur de nos jours, quel qu’il soit En parlant du drame de Marina Faliero, j’ai oublié de dire que dans mon désir, qui malheureusement n’a pas été réalisé, de me préserver de l’irrégularité justement reprochée au théâtre anglais, j'ai été amené à représenter la conspiration comme déjà formée lorsque le doge y accède, tandis qu'en réalité ce fut lui qui la prépara avec Israël Bertuccio. Les autres caractères (excepté celui de la duchesse), les incidents et presque le temps de l'action, qui fut extraordinairement court, si l’on songe à la grandeur d'une pareille entreprise, tout est strictement historique, si ce n’est que toutes les réunions eurent lieu dans le palais ; mais je voulais montrer le doge au milieu de la troupe des conspirateurs, au lieu de l’encadrer dans un dialogue monotone, toujours avec les mêmes individus. Quant aux faits historiques, on peut consulter l’appendice.

HAfilNO FAUERO'

^ PERSONNAGES

Hommes.

MARINO FALIERO, doge de Venise.

BERTUCCIO FALIERO, neveu du doge.

LIONI, patricien et sénateur.

BENINTENOE, président du Conseil des Dix. MICHEL STENO, l’un des trois capi des Quarante. ISRAËL BERTUCCIO, commandant de l’arsenal, PHILIPPE CâLENDARO,

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