‹ Œuvres complètes de Lord Byron DramesChapitre 9 sur 133 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Un autre appartement.

MANFRED, BERMAN.

ITerm. Seigneur, vous m’avez ordonné de venir vous trouver au coucher du soleil... Le voilk qui s’affaisse derrière la montagne.

Masf. Eh bien ! je vais le contempler. {Manfred s'avance vers la fenêtre de l’appartement.) Astre glorieux, idole de la Nature enfant, de la race vigoureuse du genre humain, pure encore de toute souillure, de ces géants nés des amours des anges avec un sexe plus beau qu’eux-mêmes, ce sexe qui fit descendre du ciel et descendre sans retour les anges égarés! — astre glorieux, tu fus adoré a vaut que fût révélé le mystère de ta création ! Le premier, tu annonças la gloire du Tout- Puissant; tu réjouis, au sommet de leurs montagnes, les cœurs des bergers chaldéens, qui se répandirent en prières devant toi ! Dieu matériel, tu es le représentant de V Inconnu qui t’a choisi pour son ombre ! Étoile souveraine, centre d’un grand nombre d’étoiles, tu rends notre terre habitable, tu ravives les teintes et les cœurs de tout ce qui vit dans le cercle de tes rayons ! Roi des saisons, monarque des climats et de tous ceux qui les habitent, car, de près ou de loin, nos pensées comme nos traits se colorent k tes feux, — tu te lèves, tu resplendis et tu te couches dans ta ^oire! Adieu! je ne

te verrai plus. Mon premier regard d’amour et d’admiration fut pour loi ; reçois aussi mon dernier ! Tes rayons n’éclaireront aucun mortel k qui le don de la vie ait été plus fatal qu’a moi. Il est parti : je vais le suivre. (Il tort.)

Page 1