‹ Œuvres complètes de Lord Byron DramesChapitre 97 sur 133 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

La ville de Borne. Lee assiégeants et les asstigés combattent dant les rues. — Les citoyens fuient en désordre.

CÉSAR arrîYe.

Je ne puis trouver mon héros; il est confondu dans la foule héroïque qui poursuit maintenant les fuyards, ou combat les désespérés. Que vois-je ici? Un ou deux cardinaux qui ne paraissent pas très épris du martyre. Comme ces vieilles jambes rouges décampent! S’ils pouvaient se débarrasser de leurs grègues comme ils ont fait de leur chapeau, ce serait tant mieux pour eux ; ils ne serviraient pas de point de mire au pillage. Mais qu’ils fuient. Les flots de sang ne tacheront point leurs bas, car leurs bas sont rouges.

(Survient une troupe de combattants. — Arnold est à la tête des assiégeants.)

Le voici qui arrive tenant par la main ces deux jumeaux bénins, la Gloire et le Carnage. — Holà! comte!

Arn. En avant! Ne leur donnons pas le temps de se rallier.

Cés. Je t’en préviens, ne sois pas si téméraire; à un ennemi fuyant, il faut faire un pont d’or. Je t’ai donné la beauté extérieure et une exemption de certaines maladies du corps, mais non de celles de l’âme, ce qui est hors de mon pouvoir. Quoique je l’aie revêtu de la forme du fils de Thétis, cependant je ne l’ai pas trempé dans le Styx, et contre l’épée d’un ennemi je ne garantirais pas plus tou cœur chevaleresque que le talon du fils de Pélée; sois donc prudent, et rappclle-toi que tu es encore mortel.

Ars. El quel homme ayant du cœur voudrait combattre s’il était invulnérable ? ce serait une singulière plaisanterie ! Penses-tu que lorsqu’on fait la chasse aux lions , je sois homme à courir après les lièvres ? {Arnold se précipite dans la mêlée.)

Cés. Voilà un bel échantillon de l’humanité! Fort bien! son sang est échauffé; quand il en aura perdu quelques gouttes, cela calmera sa fièvre.

(Arnold attaque un Romain qui bat en retraite vers un portique.)

Arv. Rends-toi, esclave ! je te promets la vie sauve.

LE DIFFORME TRAHSFORHé. PARTIE II, SCÈNE II. 369

Le Rom. Cela est bientôt dît.

Arn. Et bientôt fait. — Ma parole est connue.

Le Rom. Et mes actions vont l’être.

(Ils recommencent le combat ; César s’sTance.)

Cés. Arrête, Arnold! tu as affaire A un artiste célèbre , h un habile sculpteur, qui n’est pas moins exercé à manier l’épée et la dague. 11 se sert également bien du mousquet ; c’est lui qui a tiré sur Bourbon du haut du rempart.

Arn. Ab ! c’est lui ! Eh bien ! c’est son monument qu’il a sculpté.

Le Rom. Je puis vivre encore assez pour sculpter celui de gens qui valent mieux que toi.

Cés. Bien dit, mon tailleur de marbre, Benvennto ! Tu te connais aux deux métiers ; et celui qui tuera Cellini accomplira une tâche non moins rude que la tienne lorsque tu travaillais les blocs de Carrare

(Arnold désarme et blesse légèrement Cellini qui tire de sa ceinture on pistolet et fait feu, puis s’éloigne et disparaît sous le portique.)

Comment te trouves-tu ? Tu as un avant-goût du banquet • de Bellone.

Ar.n. {chancelle). Ce n’est qu’une égratignure. Prêle-moi tou écharpe; il ne m’échappera pas ainsi.

Cés. Où es-tu blessé ?

Arn, a l’épaule gauche. Le côté du bras qui tient l’épée est intact, et cela me suffit. J’ai soif. Je voudrais un peu d’eau dans un casque.

Cés. C’est un liquide qui est maintenant en grande réquisition, mais qu’il n’est pas facile de se procurer.

Arn. Ma soif augmente ; — mais je trouverai le moyen de l’éteindre.

Cés. Ou de te faire éteindre toi-même.

Arn. La chance est égale ; je jetterai le dé. Mais je perds mon temps à bavarder; dépêche-toi, je te prie. {César attache Vécharpe au bras d’Arnold.) Pourquoi restes-tu lâ à ne rien faire ? Pourquoi né frappes-tu pas ?

Cés. Les anciens philosophes regardaient tranquillement le monde comme de simples spectateurs les jeux olympiques.

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