SI LA-HAUT NOUS AIMONS ENCORE
Si là-haut nous aimons encore, si dans ce monde situé par delà les limites du nôtre le cœur conserve sa tendresse, si les yeux y sont les mêmes, sauf les larmes, — qu'il serait doux d'habiter ces sphères inconnues! qu'il serait doux de mourir à l'instant même ! de s'envoler loin de la terre et de voir toutes nos craintes s'absorber dans ta lumière, ô Éternité!
Il doit en être ainsi : ce n'est pas pour nous que nous tremblons au bord de la tombe, et que, nous efforçant de franchir le gouffre, nous nous retenons aux derniers liens de l'existence. Ah ! croyons que dans cet avenir le cœur retrouvera les cœurs qu'il aima, qu'ils se désaltéreront ensemble aux ondes immortelles et seront inséparablement unis.