‹ Œuvres complètes de Lord Byron PoëmesChapitre 30 sur 83 · TOUT EST VANITÉ · texte numérisé non relu

TOUT EST VANITÉ

Gloire, sagesse, amour, puissance, étaient mon partage ; j'avais la santé et la jeunesse; les vins les plus rares emplissaient ma coupe; des formes charmantes me prodiguaient leurs caresses; j'échauffais mon cœur au soleil de la heaulé, et sentais mon âme s'allanguir ; tout ce que la terre peut donner de splendeur royale, tout ce qu'un mortel peut en désirer, je l'avais.

Je cherche dans ma mémoire quels sont les jours que je pourrais consentir k revivre au prix de tout ce que cette vie et cette terre ont de plus séduisant. Nul jour ne s'est levé, nulle heure ne s'est écoulée d'un plaisir sans amertume, et nul joyau ne parait ma puissance qui ne fût douloureux autant qu'il était brillant.

Avec de l'adresse et des charmes on rend inoflensif le serpent des campagnes ; mais celui qui s'enlace autour du cœur, oh ! qui a la puissance de le charmer ? Il n'écoute point la voix de la sagesse ; l'harmonie ne peut rien sur lui ; mais son dard ne cesse de percer l'àme condamnée h endurer ce supplice.

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