NOTICE SUR LORD RYRON
Georges Gordon Noël Byron naquit à Londres, le 22 janvier 1788, de John Byron, capitaine aux gardes, et de Catherine Gordon de Gight, riche et noble héritière de l’Ecosse. 11 avait pour aïeul le commodore Byron, célèbre par ses voyages, et qui iigure avec éclat dans l’histoire des découvertes de la marine anglaise. Son père, le capitaine Gordon, se rendit fameux par ses désordres; la mère de notre poète, ruinée par ses dissipationsrse vit réduite à un état voisin de la pauvreté. Elle se consacra avec ardeur h l’éducation de ce lils qui, dans sa pensée, devait la dédommager de tous ses malheurs, et que sa naissance appelait h prendre place dans l’aristocratie britannique. Son grand oncle, lord William Byron, étant mort en 1798, Byron fut salué h dix ans lu litre de lord, et devint l’héritier du domaine et de la pairie du défunt. C’était le domaine de Newstead, dans le comté de Noltingham, que les chants du poète ont à jamais illustré.
La mère de Byron le plaça pendant quelque temps à Dulwich, près de Londres, dans une pension dirigée par un docteur, qui avait entrepris dans son élève le redressement d’un de ces accidents de la nature qui déflent tous les efforts de l’art. Byron, en effet, avait été blessé en naissant, et son pied tordu était resté légèrement boiteux. Au lieu de prendre son parti de cette difformité peu apparente, le jeune Byron était inconsolable, et ce sentiment, inexplicabledans un homme supérieur, ne le quitta jamais totalement.
Appelé par sa naissance à figurer sur un plus grand théâtre, Byron entra dans la célèbre école d’Harrow, pépinière privilégiée de l’aristocratie anglaise. Puis, après y avoir fait ses éludes classiques sans succès éclatants, il alla en compléter le cours à l’université de Cambridge. Après quelques années d’une existence dissipée et orageuse, Byron fit a 20 ans son début poétique, par la publication des Heures de paresse qui parurent en 1808. Vivement blessé par une critique amère et injustè dirigée par la Revue d’ Edimbourg contre l’ouvrage et l’auteur, il s’éleva sur-le-champ à. la hauteur des maîtres, et dans sa satire sur les Bardes de l'Angleterre et les Critiques de l’Ecosse, apprit h son pays qu’il avait un poète véritable de plus.
Pendant le tumulte que souleva sur le Parnasse britannique celtebrillanteet vigoureuse production, Byron commença cette vie de pèlerinages qui nous a valu tous ses chefs-d’œuvre. Il allait chercher dans le midi de l’Europe et en Asie des émotions nouvelles. 11 rapporta de ce voyage les deux premiers