‹ Œuvres complètes de Lord Byron Poésies diversesChapitre 124 sur 201 · PARMI LES JOIES QBE LE MONDE NOCS DONNE · texte numérisé non relu

PARMI LES JOIES QBE LE MONDE NOCS DONNE

« O Ucrymarnm fon», tenero sacros Ducentium ortai ex animo, quatcr Félix in imo qui ■catentem Peetore te, pia nympha, sentit! * GRAY, Poemata.

Parmi les joies que le monde nous donne, il n’en est point de comparable à celle qu’il nous ôte quand l’éclat de la pensée jeune s’efface dans le triste déclin du sentiment; au bel âge, ce n’est pas seulement la fraîcheur de la joue qui passe vite, mais le tendre incarnat du cœur est déjà parti que la jeunesse dure'encore.

it.

Alors ce petit nombre d’àmcs qui flottent encore après le naufrage du bonheur, sont poussées sur les écueils du crime ou entraînées dans l’océan des dérèglements : leur boussole est perdue, ou son aiguille leur montre vainement le rivage que leur barque fracassée n’abordera jamais.

Alors vient le froid mortel de l’âme, semblable à la mort elle- même; elle ne peut ressentir les maux d’autrui, elle n’ose songer aux siens; celte torpeur glaciale a gelé la T. i. 17

g-g OEUVRES DE LORD BYRON.

source de nos larmes, et dans le regard c’est la glace seule qui brille.

En vain des lèvres s’échappent abondamment les éclairs de l’esprit; en vain la gaieté cherche h distraire le cœur dans ces heures de la nuit qui ne donnent plus le repos d’autrefois ; c’est comme la guirlande dont le lierre environne la tourelle en ruine : h l’extérieur elle est verdoyante et fraîche, mais par-dessous détériorée et grisâtre.

Oh ! si je pouvais sentir ce que j’ai senti, — ou être ce^quc j’ai été, ou pleurer sur ce qui n’est plus comme je pleurais autrefois! de même qu’au désert la source la plus saumâtre paraît douce, ainsi couleraient pour moi ces larmes au milieu du champ flétri et inculte de la vie. ^ ^

STANCES

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