‹ Œuvres complètes de Lord Byron Poésies diversesChapitre 128 sur 201 · AD LAC LÉMAN · texte numérisé non relu

AD LAC LÉMAN

Rousseau, — Voltaire, — notre Gibbon — et de Staël, ces noms, ô Léman 7! sont dignes de tes rivages, et tes rivages dignes de tels noms ! Si lu n’existais plus, leur mémoire rappellerait ton souvenir. Pour eux tes rives ont été charmantes, comme pour tout le monde; mais ils les ont rendues plus charmantes encore, car c’est le privilège des esprits puissants de sanctifier dans le cœur des hommes les ruines de la demeure qu’ont habitée la Sagesse et le Génie ; mais auprès de toi, ô lac de beauté! en glissant doucement sur la mer de cristal, combien nous sentons mieux encore la flamme de ce généreux enthousiasme qui nous rend fiers des fils de l’immortalité, et donne de la réalité au souffle de la gloire ! Diodati, juillet 1818.

STANCES

Brillant est le séjour qu’habite ton âme; jamais esprit plus aimable n'a brisé son enveloppe mortelle pour occuper une place éclatante dans les rangs des bienheureux. Sur la terre, tout déjà en toi était divin comme le sera éternellement ton âme , et nos regrets doivent s’apaiser en songeant que ton Dieu est avec toi.

Léger sera le gazon de ta tombe! que sa verdure soit comme une émeraude; que pas uu nuage n’obscurcisse les souvenirs que nous conservons de loi; que de jeunes fleurs et des arbres toujours verts croissent sur le lieu de ta sépulture; que l’on n’y aperçoive point de cyprès ni d’ifs : à quoi bon plaindre les bienheureux?

STANCES

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