A THOMAS MOORE
Mon bateau touche au rivage, et mon navire est en mer; mais avant que je parte, Tom Moore, voici une double santé pour toi !
J’envoie un soupir à ceux qui m’aiment, un sourire à ceux qui me haïssent ; et que le ciel sur ma tête soit serein ou 6ombre, j’ai un cœur préparé à tout.
Quoique l’Océan mugisse autour de moi, il me portera sur ses vagues ; quand je n’aurais autour de moi qu’un désert, il s’y trouve des sources qu’on peuL découvrir.
Quand il ne resterait qu’une goutte dans la citerne, quand je serais mourant sur ses bords, avant de tomber de faiblesse, c’est à toi que je boirais.
Avec celte eau, comme maintenant avec ce vin, le vœu qui accompagnerait ma libation serait : — Paix aux tiens et aux miens ! je bois a toi, Tom Moore.