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Il arriva un jour que des vents contraires poussèrent son
LE PÊLERINACE DE CHILDE-nAROLD. CH. II. 341 navire sur la côte escarpée de Souli. 11 n’y avait tout autour que solitude et ténèbres. Il était dangereux de débarquer, plus encore de rester 1k ; pendant quelque temps les marins hésitèrent, redoutant quelque trahison; enfin, ils se hasardèrent h prendre terre, non sans craindre que des hommes également ennemis et des Francs et des Turcs, ne renouvelassent les scènes sanglantes du passé.
Crainte vaine! Les Souliotes nous tendirent une, main amie, nous aidèrent à franchir les rochers et les marais périlleux ; moins polis, mais plus humains que les esclaves de la civilisation, ils rallumèrent la flamme du foyer, firent sécher nos vêtements humides, remplirent la coupe , allumèrent la lampe joyeuse, présentèrent un repas frugal, il est vrai, mais c’était tout ce qu’ils pouvaient offrir. Une telle conduite sans doute était philanthropique : donner le repos au voyageur fatigué, des consolations à l’affligé, il y a là une leçon pour des hommes mieux partagés du sort, et de quoi faire rougir l’égoïsme inhumain.