‹ Œuvres complètes de Lord Byron Poésies diversesChapitre 180 sur 201 · Ï.XI · texte numérisé non relu

Ï.XI

Aux rives de l’Arno, dans ce temple splendide des arts où la sculpture rivalise avec sa sœur à la palette variée, d’autres objets encore parlent au cœur et aux yeux; d’autres merveilles y brillent, mais ce n’est pas pour moi ; car j’ai accoutumé ma pensée b, habiter avec la Nature dans les campagnes, plutôt qu’avec l’Art dans les galeries. Une œuvre divine obtient toujours l’hommage de mon âme; néanmoins «lie en exprime moins qu’elle n’en ressent; car l’arme qu’elle manie

Lxn.

Est d’une autre trempe; et je me sens plus h l’aise aux bords du lac de Trasimfene, dans ces défilés fatals à la témérité romaine. Ici j’évoque le souvenir des ruses guer-

rières du Carthaginois, et son adresse h attirer ses ennemis entre les montagnes et la mer; là succomba le courage réduit au désespoir; là les torrents, grossis par des flots de sang, et devenus des rivières, sillonnèrent la plaine brûlante, au loin semée des débris des légions,

lxhi.

Semblables à une forêt abattue par les vents des montagnes ; et tel fut l’acharnement de ce combat, telle cette frénésie de la guerre qui ne laisse à l’homme de sensations que pour le carnage , qu’un tremblement de terre ne fut point remarqué par les combattants ! Personne ne s’aperçut que la nature chancelait sous ses pieds , et ouvrait un sépulcre pour ceux à qui leur bouclier servait de drap mortuaire s tant elle absorbe tout, la rage qui pousse les unes contre les autres les nations en armes !

Page 1