‹ Œuvres complètes de Lord Byron Poésies diversesChapitre 187 sur 201 · LXXXV · texte numérisé non relu

LXXXV

Le premier des victorieux, ce fut Sylla; mais notre Sylla, Cromwell, fut le plus sage des usurpateurs : lui aussi il balaya devant lui des sénats, pendant que sa hache, équarrissant le trône, en faisait un billot. — Immortel rebelle ! Voyez

tE PÈLERINAGE DE CHILDE-HAROLD. CB. IV. 417 ce qu’il en coûte de crimes pour être libre un moment et vivre dans la postérité! Mais sa destinée recèle une grande leçon morale : l’anniversaire de deux victoires le vit mourir; le jour où il avait conquis deux royaumes le vit, plus heureux, rendre le dernier souffle.

Le trois septembre, qui l’avait fait roi, sauf la couronne, le fit doucement descendre du trône de la Force, et rendit son argile à la terre maternelle. La Fortune, en cette occasion, n’a-t-elle pas montré que la gloire, la puissance, tout ce que nous prisons le plus et que nous poursuivons à travers tant de fatigues, tout cela est h ses yeux un bien moins précieux que la tombe ? Si nous pensions comme elle, que la destinée de l’homme serait difTérenle !

Et toi, statue imposante qui subsistes encore dans les formes austères d’une majestueuse nudité ; toi qui, au milieu des cris des meurtriers, vis tomber h les pieds César sanglant, César s’enveloppant des plis de sa toge pour mourir avec dignité, victime offerte en holocauste sur tes autels par la reine des dieux et des hommes, la puissante Némésis ! Est-il mort en effet, et loi, Pompée, aussi? Qu'avez-vous été tous deux ? Vainqueurs de rois sans nombre, ou simples marionnettes de théâtre?

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