VERS ADRESSÉS A UNE JEUNE DEMOISELLE
( Un jonr l'auteur déchargeait tel pistolets dans un jardin ; deux dames qui passaient près de là, entendirent arec effroi une balle siffler à deux pas d’elles. Le lendemain matin, l'auteur adressa à l’une d'elles les stances qui suivent. )
Sans doute, aimable fille, le plomb sifflant qui a balancé la mort sur les charmes et résonné au-dessus de ta tête charmante, a dû remplir ton cœur d’alarme.
Il faut qu’un démon jaloux, irrité de la présence de tant de beaulé, ait imprimé à la balle un mouvement invisible, et changé sa première direction.
Oui, dans cet instant qui a failli être funeste, la balle a obéi à l’impulsion de quelque agent infernal. Mais le Ciel, interposant sa puissance, a dans sa miséricorde détourné le coup mortel.
Mais, comme il est possible qu’une larme tremblante soit tombée sur ce sein ému; comme je suis la cause innocente de cet effroi , et que c’est moi qui ai fait couler celte larme de sa source brillante;
Parle, prescris toi-même le sévère châtiment qui doit ex>
?G OEUVRES DE LORD BYROü.
picr un tel outrage ! Me voilà, humble accusé, devant le trône
de la beauté; quelle est la peine que lu veux m’infliger?
Que ne puis-je remplir le rôle déjugé! la sentence n’aurait rien de bien effrayant; elle consisterait à le donner un cœur qui t’appartient déjà.
Le moins que je puisse faire en expiation de mon crime, c’est de perdre ma liberté. Désormais donc, je ne respire plus que pour toi, et tu seras en toutes choses tout pour moi.
Mais peut-être rejelleras-tu une semblable expiation : eh bien ! fais choix d’une autre peine ; que ce soit la mort, enfin tout ce que tu voudras.
Choisis donc sans pitié! Et je jure que ce que lu auras ordonné sera exécuté. Cependant, arrête! — Permets-moi d’ajouter un seul mot : Inflige-moi toutes les punitions, hormis le bannissement.