SUR UN ÉVENTAIL
Dans un cœur qui sentirait aujourd’hui comme il sentait autrefois, cet éventail eût pu raviver sa flamme ; mais aujourd’hui ce cœur ne peut s’attendrir, parce qu’il n’est plus ce qu’il était.
Lorsqu’un feu est prêt à s’éteindre, ce qui en redoublait l’activité et le faisait brûler avec plus de force, ne fait plus que hâter l’extinction des dernières étincelles.
Comme plus d’un jouvenceau, plus d’une jeune fille en a mémoire, il en est de même des feux de l’amour, alors que toute espérance meurt, et qu’ils disparaissent ensevelis sous leurs propres cendres.
Le premier feu, bien qu’il n’en reste plus une étincelle, une main soigneuse peut le rallumer. Hélas! il n’en est pas de même du dernier : nul n’a la puissance de le faire renaître.
Ou si, par hasard, il se réveille, si la flamme n’est pas étouffée pour toujours, c’est sur un autre objet (ainsi l’ordonne la capricieuse Destinée) qu'il répand sa première chaleur. tsoi.