‹ Œuvres complètes de Lord Byron Poésies diversesChapitre 75 sur 201 · A MON FILS · texte numérisé non relu

A MON FILS

Cette chevelure blonde, ces yeux d’azur, brillants comme ceux de ta mère ; ces lèv res roses, au séduisant sourire, me rappellent un bonheur qui n’est plus, et touchent le cœur de ton père, ô mon fils !

m OEUVRES DE LORD CÏRON.

Et tu l>albulies déjà le nom de ton père ! Ah ! William, que cc nom n’est-il le tien! Mais écartons d’affligeants reproches et d’amers souvenirs, Va, mes soins paternels expieront mes torts; l’ombre de ta mère sourira joyeuse; elle me pardonnera tout le passé, ô mon fils !

Un simple gazon a couvert son humble tombe , et lu as pressé le sein d’une étrangère; la Dérision insulte à ta naissance, et c’est à peine si elle te laisse un nom ici-bas. Qu’importe? Tu n’en perdras pas une seule espérance; le cœui d’un père est U toi, 6 mon fils !

Eh! que me font à moi le monde et sa rigueur barbare? dois-je désavouer les droits sacrés de la Nature ? Non, non ! dussent les moralistes me désapprouver, je le salue, cher enfant de l’amour, bel ange, gage de jeunesse et de joie; un père protège ton berceau, 6 mon fils !

Oh ! avant que l’Age ait ridé mes traits, avant que ma vie ail.atteinl le milieu de sa course, qu'il me serait doux de voir tout a la fois en toi et un frère et un fils, et de consacrer le déclin de mes ans à m’acquitter envers toi, ômon fils !

Tout jeune et imprudent qu’est ton père, la jeunesse n’affaiblira pas en lui les sentiments paternels; et, lors môme que tu lui serais moins cher, tant que l’image d’Hélène revivra en toi, ce cœur encore palpitant de sa félicité passée n’en abandonnera jamais le gage, ô mon fils !

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