SCÈNE m
GRANVILLE , DLPRÉ.
GRA>VILLE
S'il faut , mon cher Dupré , vous parler franchement, Je ne m'expli(jue pas ce ton , cet enjouement : Quand le malheur poursuit le duc de Séréville,
Vous semblez oublier ses bienfaits ?
DUPRÉ
Non , Granville :
Mon neveu, grâce à lui , dit-on, est inspecteur, Je ne sais trop comment il fut son protecteur ; S'il est vrai qu'aujourd'hui le sort le persécute , M' unissant à sa peine, et déplorant sa chute , Du plus profond du cœur je plaindrai son destin; Mais j'attends pour gémir que le mal soit certain.
GRANVILLE
On annonce pourtant sa disgrâce et sa fuite.
DUPRÉ
Cette disgrâce-là me paraît bien subite.
GRANVILLE
J'admire ce sang-froid.
DUPRÉ
Je vous l'ai dit : j'attends , Et je m'affligerai quand il en sera temps. Au reste , nous verrons bientôt ce qu'il faut croire, Car on va procéder à Tinlerrogatoire ; Et monsieur Sénarmont , las d'être prisonnier, Dira tout ce qu'il sait sans se faire prier ! Je l'entends.
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