‹ Œuvres complètes de M. AncelotChapitre 13 sur 560 · I.OIIS · texte numérisé non relu

I.OIIS

Qnepenvenlscsrureurssi rjieuconil)al pour nous':'

JIAUGULUITK.

Les erreurs des chrétiens ont lassé sa démenée.

LOUIS

Le coupal>le, à {,^enoux, désarme sa vengeance. Ce Dieu , «jui nous l'rapiia sans nous abandonner, Se lassa de punir, et non de pardonner.

MARGUEniTE.

Touché de vos malheurs, et vaincu par nos larmes , Puisse-l-il, dissipant de trop justes alarmes , Des périls que je crains bienlùl vous affranchir ! Mais un remords tarilif le pourra-t-il lléchiry Brisera-t-il vos fers? lit ce peuple lidèlc Qui gémit loin de vous , dont l'amour vous rappelle; VA ces infortunés , dont vos généreux soins Adoucissaient les maux , prévenaient les besoins , Reverront-ils pour eux luire ces jours prospères Où, trouvant dans leur roi le plus tondre des pères. Contre leiu's oppresseurs ils venoienl l'iuiplorer ? Vons verront-ils encor, pron)pl à les rassurer , Oubliant auprès d'eux la grandeur souveraine , Leur rendre la justice , assis au pied d'un chêne?

LOUIS

Espérons tout du ciel. Nous leur serons rendus; Us l'unplorent pour nous, ils seront entendus. Ecartez loin de vous tout funeste présage. L'aspect de \ os douleurs ébranle mon courage. Qu'avcz-vous fait? Pourquoi dans cescliiuals lointains. Malgré moi, chère épouse, unie à nos destins , Vintes-vons des chrétiens partager la souffrance? l'our(pioi vons arracher à l'amour de la France ? Hélas! à vos désirs je devais résister.

MAROUKRIIK.

Vous l'eussiez fait en vain; pouvais-je vous (piitter ? Tremblante pour vos jours , aux pleurs abandonnée , A quels maux aujourd'hui serais-je condamnée? Eh ! (pie pourrais-jc encor regretter |)iès de vous ? Ma patrie est aux lieux où je vois mou é[)oux. Je ne regrette ritn. Oui , mon cœur vous l'atteste, Avec vous , dans les fers, mon sort est mohis funeste Qu'au sein de cette cour , où , toute à nies ennuis , Je chercherais en vain luon époux et mon (ils. Même en nous punissant , l'I'Jcrnel nous rasscmliL' , Et nos cœurs souffrt'iil tnuias, puiscin'ils soullrcnt enscinblc.

LOUIS

Oui , reine , votre amour rend mes fers plus légers , Je le sens.

( k Philippe. ) Vous, mon lils, (piels(pie soient no; dangers; Quelques nouveaux malheurs qui doivent nous atteindre. Vous ne in'entcudrcz point murmurer, ni vous plaindre. Lorsque sous les drapeaux de notre sainte foi Vous vîntes, le premier, \ous ranger près de moi , J'accueillis, j'approuvai votre jeune courage , De vos destins futurs je vis l'heureux présage. Quehpu' jour, sur ce trône où vous serez assis , Tous les Français en vous aduiireront , mon fils , Un roi , qui , s'écartant de la route comnuine , jNourri dans les ha-ards , instruit par l'infortune , Sut combattre et souffrir dès ses plus jeunes ans , Et n'a point hnilé ces princes indolents Qui , perdus pour la gloire , an sein de la mollesse , 'J'raîncnt dans les jilaisirs leur oisive jeunesse, FA, jaloux d'un fardeau qu'ils ne pourront porter, Languissent près du trône, avant que d'y monter. Mais de nos compagnons la douleur me réclame. Chère épouse, à l'csiioir ouvrez encor votre ame, l^nsemble quel(inc jour nous quitterons ce lieu : Attendons en sileisce, et laissons faire à Dieu.

Il sort.

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