SCENE PREMIÈRE
BLASKOFF, FÉDOR , esclaves.
BLASKOFF.
Allons, Fédor, debout , l'aurore va parailie Attendias-tu le jour et le réveil du maître? Lève-toi.
FEDOK.
Quoi ! déjà ?
n LA s KO F F.
C'est assez sommeiller.
Debout .
FÉDOR
J'étais heureux ! pourquoi uie réveiller y
BLASKOFF.
Heureux...! Ah ! tu rêvais....
FÉDOU.
Que j'étais libre.
BLASKOFF.
Kcoutc .
Tu te perdras , Fédor ; imite-moi.
FÉDOR
Sans doute L'esclave , sans songer aux maux qu'il a soufferts , Doit sourire à l'opprobre et clianior dans les fers '
-158 OLGA. -
C'est ton destin : le mien, Blaskoff, est de maudire.
BLASKOFF.
Tu maudis notre sort, et j'aime mieux en rire. Le plus sage de nous , quel est-il ?
FÉDOR
Insensé !
Qui manges , dors , crois vivre , et n'as jamais pensé.
BLASKOFF.
Hé , que sert de rêver une autre destinée ? Aux lois d'Obolenski ma vie est enchaînée : Tous mes jours sont à lui , mon travail est son bien. Belski , noble boïard , fut ton maître et le mien : Proscrit , de ses trésors on a fait le partage , Et nous avons été compris dans l'héritage. Est-il quelques bienfaits qui m'attachent à lui ? Ai-je du nouveau maître à me plaindre aujourd'hui ? Celui-là me nourrit ainsi qu'aurait fait l'autre , Et bien souvent son sort est moins doux que le nôtre ! Sans soins de l'avenir, je vois couler mes jours. Que de fois ma galté, mes folâtres discours , Mes danses et mes chants sur son noble visage Ont d'un chagrin secret éclairci le nuage !
FÉDOR
Il est donc vrai , voilà l'honneur que tu poursuis ! Par ta gaîté servile amusant ses ennuis , Tu te trouves heureux alors que pour salaire Il veut bien t'honorer d'un regard sans colère , Ou lorsque par hasard ses gestes familiers Te caressent, Blaskoff, comme ses lévriers !
BLASKOFF.
Vains mots que tout cela ! Puis-je changer ma vie?
Joindrai-je à ses douleurs et la haine et l'envie ?
Je tâche , en l'égayant , d'adoucir mon destin.
Conduits par notre maître en un pays lointain ,
Ce doux ciel, ces beaux champs qu'on nonmie l'Italie,
Laissent place en ton cœur à la mélancolie!
Ah ! par saint Wladiuiir ! mes regards enchantés
Se retracent encor tant de vastes cités ,
Des immenses palais l'étonnante structure ,
Les prés , les bois , les fleurs , l'éclat de la verdure ;
Ce souvenir m'enivre et de ces beaux climats
Le parfum m'accompagne au sein de nos frimas.
FÉDOR
Eh bien ! de ces palais , merveilles ignorées , Dont l'aspect embellit ces lointaines contrées , Bientôt d'habiles mains orneront nos remparts: Mo cou verra briller ce qu'on nomme des arts. Mais dans ce beau pays, oii m'enlralnait un maître j J'observais un tableau plus étonnent peut-êlfe.