‹ Œuvres complètes de M. AncelotChapitre 138 sur 560 · ACTE I · texte numérisé non relu

ACTE I

Ainsi que moi , Blaskoff, dans ces fertiles champs , Du joyeux laboureur entendais-tu les chants ? Ces chants retentissaient jusqu'au fond de mon âme Il ne vit point courbé sous un bâton infâme ; Du maître qui l'opprime il peut se séparer ; On ne lui marque pas l'air qu'il doit respirer ; Le sillon qu'il creusa peut être son domaine. Le serf à ses enfants ne lègue que sa chaîne. Quels sentiments amers, quels pensers douloureux M'assiégeaient à l'aspect de ces peuples heureux ! En voyant ce qu'ils sont, j'ai vu ce que nous sommes. Esclave , avec chagrin je contemplais des hommes.

BLASKOFF.

Chasse de tels pensers : qu'en veux-tu faire ici ?

FÉDOR

L'heureux enfant du Nord jadis fut libre aussi !

11 n'était pas vendu comme une marchandise;

Il pouvait posséder le sol qu'il ferlilise ;

Dans les trésors d'un maître il n'était pas compté...

Mon aïeul à mon père autrefois l'a conté ;

Je m' en souviens.

BLASKOFF.

Ces temps sont loin de nous.

FÉDOR

Qu'importe?

BLASKOFF.

Qui peut changer le sort ?

FÉDOR

Une volonté forte.

BLASKOFF.

Silence !

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