SCENE PREMIERE
HÉLÈNE , seule.
(Elle lit.)
« Tel fut votre ordre : il y fallut souscrire. « A rougir désormais vous m'avez condamné ! " Pour entraîner Olga jusque dans votre empire ,
« J'ai feint l'amour !.. . vous l'aviez ordonné !...
Oui , je l'avais dicté cet ordre qu'il rappelle ,
Et c'est pour m'obéir qu'il s'est fait aimer d'elle !
L'imprudente le crut, et son cœur fut trompé.
Près d'Olga , de moi seule il était occupé ;
De mes boutés toujours il chérit la mémoire :
11 ledit!... Que penser ?Puis-je encore le croire?...
Les présents rapportés de ces lointains climats
Attestent que du moins il ne m'oubliait pas !
Ces étoffes de prix , et ce miroir fidèle ,
Sa tendresse , dit-il , les offre à la plus belle !
La plus belle!... Est-il vrai?... Cet objet merveilleux,
Celle glace fragile , inconnue en ces lieux ,
Sans nous flatter jamais reproduit notre image :
Voyons !.... Dieu! quels soucis altèrent mon visage !
Mon teint semble bruni, mes regards sont moins \ ifs ! . .
Un éclat si brillant pare ses traits naïfs I
Elle est si belle ! Et moi , les soins, le temps peut-être?..
(Elle se lève.) Non, pas encore!... Hier, elle a, sans me connaître, Devant Obolenski prononcé cei arrêt !... La révolte vaincue, à son nom reparaît , Elle est fille des tsars , et pour elle on conspire ! Sa mort est nécessaire au repos de l'empire. Si le temps iuiprima ses traces sur mon front , Sous ma couronne d'or qutls regards les verront ?
Un front est toujours beau , paré d'un diadème!... Que dis-je ! Olga pourrait s'en parer elle-même ! Il le sait... S'il osait lui révéler son sort ! S'il l'aimait ! Il le faut ! point de pitié ! la mort !
(Aux strélitz qui sont dans le fond.)
Strélitz , on peut entrer. Qu'on appelle mes femmes.
(Seule.) Belski pour elle en vain a renoué ses trames , J'aurai bientôt cessé de la craindre.
(A la foule qui se présente.
Entrez tous.