‹ Œuvres complètes de M. AncelotChapitre 165 sur 560 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

LE YOEVODE , HÉLÈNE , THÉBALDO , BOS-

CARLS, BoïARns, esclaves, femmes, strélitz dans le fond.

HÉLÈNE, à Thébaldo.

Nous, savant étranger, qui venez des beaux-arN liévéler les bienfaits à l'empire des tsars , Comptez sur mon appui, sur ma reconnaissance. A'^ous voyez Boscaris : il est né dans Byzance ; Il sera votre guide , et vous lui soumettrez Les projets qu'avant peu vous exécuterez ; Je me fie à vos soins.

Hellène va s'asseoir devant la table, et elle examine les étoffes.)

THÉUALDO.

Illusiie souveraine.

L'amour seul des beaux-arts auprès de vous m'amène. La gloire est tout pour moi ! J'ai dijà visité Vos hameaux, parcouru cette anti(|ue cité ; Et , s'il faut (levant vous parler avec franchise , Chaque pas a, dans Kioff, excité ma surprise. De quehpies monuments conçus avec grandeur Mes regards enchantés admiraient la splendeur ; Puis mon nil s'abaissait sur la hutte enfumée , De vos nombreux sujets retraite accoutumée ; J'y voyais confondus hommes, cnfmts, chevaux... Pour embellir ces lieux qu'il faudra de travaux !

HÉLÈNE

Vous êtes bien sévère !

THÉBALDO , à Boscaris.

Elle semble offensée.

BOSCARIS.

Un fou seul en ces lieux dit toute sa pensée. Retenez cet avis.

HÉLÈNE

Voëvode , parlez :

Je suivrai vos conseils.

LE voevode.

Quatre ans sont écoulés Depuis que Woronzoff, calomnié peut-être , Subit , dans un cachot, les châtiments du traître. On n'a pu jusqu'ici découvrir son forfait ; Je le crois innocent.

HÉLÈNE

(Elle place sur sa coiffure quelques oruemenls et se regarde dans le miroir (junne femme agenouillée tient dovant-elle.' C'est possible , en effet.

(A demi-voix.)

Ces ornements nouveaux, dont mon front se décore , Peut-être à ses regards me rendront belle encore. Il va bientôt paraître , et je veux aujourdhui De ses riches présents me parer devant lui.

BOSCARIS , s'approcli.int d'Hélène.

De quel éclat nouveau s'embellissent vos charmes î

HÉLÈNE

Boscaris | . . .

LE VOEVODE.

Du captif ,»;écberez-vous les larmes '

Nous verrons !

r.OSCARIS.

Pardonnez ! à votre auguste aspect.

Mon admiration fait taire le respect.

Mais comment résister à tant d'attraits ? TnÉB.vi.no.

Sans donle !

Si j'osais cependant...

HÉLÈNE

Parlez, je vous écoute.

THKDALDO.

îsos femmes d'Italie avec l'éclat des fleurs De ces brillants tissus mélangent les couleurs ; La jeune Olga pourrait vous servir de modèle : Que sous cette parure elle ma semblé belle 1 (Hélène détache les ornements de son front.) ; BOSCARIS , à part.

L'insensé !

LE VOEVODE.

Worouzoff des maux qu'il a soufferts Verra finir le cours ?

HÉLÈNE , rejetant les ornemeDts avec fureur. Qu'il meure dans les fers !

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