SCENE PREMIERE
BLASKOFF, BELSKl, SÏROGONOFF, DOU- BROWSKI, OLSLAD, Boïauds , Esclaves, Kosaques.
BELSKI.
Reconnais-tu Belski , ton seigneur et ton maître ?
RLASKOFF.
Sous rhabit d'un marchand j'ai pu le méconnaître : Il m'en a bien puni.
BELSKI, aux kosaques.
C'est assez. Lève-toi.
BLASKOFF.
Grand merci.
BELSKl.
Maintenant approche , et réponds-moi.
Elle était à Florence ?
BLASKOFF.
Oui.
BELSKl.
Dans un huml)le asile ?
BLASKOFF.
Sous un modeste toit, aux portes de la ville.
BELSKl.
On l'appelait Olga ? Mais parle : un autre nom Devant toi quel(|uefois fut-il prononcé ?
BLASKOFF.
Non.
BELSKl.
A Florence ?
BLASKOFF.
C'est là que nous l'avons trouvée.
BELSKl.
Et c'est là (ju'cn secret par mon ordre élevro L'héritière du (sar dut attendre le jour
Où je proclamerais son règne et son retour ! C'est elle , plus de doute ! Obolenski , ce traître Qu'hier mes paysans nommaient encor leur maître, Quel hasard, quel dessein près d'Olga l'a conduit? De son nom , de son rang, crois-tu qu'il fut instruit ?
BLASKOFF.
Non ; il allait chercher des arts en Italie : D'une orpheline , bonne autant qu'elle est jolie , Les attraits l'ont séduit, et jusqu'en nos climats, Par l'amour entraînée , elle a suivi ses pas : II devait l'épouser.
BELSKl.
L'épouser ! lui ! l'infâme !
Par quelque sortilège il égara son âme ! Dieu vengeur , dont le bras me ramène en ces lieux , Tu ne l'as pas permis cet hymen odieux! Des grands-ducs de Moscou tu protèges la fille ! Elle apprendra par moi son nom et sa famille!... Amis, nobles boîards , qui venez à ma voix Du sang de Vassili défendre les saints droits, Dans nos premiers efforts le ciel nous favorise. Au trône de Rurick Hélène s'est assise : Il l'en faut arracher, vous l'avez juré tous! Déjà ses fiers slrélilz, en fuyant devant nous, Jusque dans mon château nous ont livré pa.ssage, Et j'aide mes aïeux reconquis lliéritage. Hélène contre nous arme tous ses soldats; Boscaris les conduit et s'avance à grands pas ; Noussctmmes peu noiubreux; mais partagez ma joie, Apprenez quel secours saint Neuski nous euN oie : Cet enfant maliieureux, dont le nom si longlem[)s Rallia près de moi les bi»ïards mécontents , Cette jeune princesse à la mort enlevée, L'héritière du tsar , Sophie est arrivée ! Elle est ici !
STROr.ONOFF,
Qu'entends je! est-il vrai?
A(jÂ