SCÈNE IV
OLGA , OBOLENSKL
OBOLENSKI , entrant par la porte de droite. Enfin, je l'aperçoi!
OLGA
Que me veut-on ?
OBOLENSKI.
Ne tremble pas, c'est moi !
OLGA
Olga?
Toi!
OBOLENSKI.
Point de bruit ; je viens te délivrer ; silence ! L'or a de tes geôliers séduit la vigilance ; Viens , à tous les périls je te vais arracher.
OLGA
Ah! les bourreaux sont prêts et tu viens me chercher!
OBOLENSKI.
N'entends-tu pas ce bruit ? Dans la plaine voisine Les boïards révoltés attaquent la tsarine. On combat, c'est pour toi. Profitons des instants. Un retard peut tout perdre ; allons , il en est temps. Viens, chère Olga, c'est moi qui te prends sous ma garde. Il faut suivre mes pas!
OLGA , lui montrant la lettre qui esta terre.
Te suivre!... tiens, regarde!
OBOLENSKI.
Quevois-je! Ah, malheureux!
OLGA
Oh! oui, je t'ai compris!
Un autre de tes soins peut t' enlever le prix.
OBOLENSKI.
Ciel ! Olga.
OLGA
Tu perdrais le fruit de ton voyage;
Et lu veux jns(iu'au bout accomplir ton message. Eh bien! niarolions!... Mais non; va, tu trembles à tort; Hélène est généreuse !... on le paira ma mort.
OBOLENSKI.
Écoule-moi ! Je fus un infâme , un barbare ; Mon crime était affreux , Olga : je le répare. "Viens , et souffre du moins que je sauve les jours ! Olga , je t'en conjure , au nom de nos amours!
De nos amours !... Ce mol peut sortir de sa bouche !
OBOLENSKI.
Je me traîne à tes pieds , (fue ma douleur le touche ! , Vois mes larmes... Je t'aime autant que je me bais. Ne me résiste pas , Olga , suis-moi !
OLGA
Jamais !
OBOLENSKI.
Oui , d'indignes leçons ont égaré mon âme. Méprisable instrument des fureurs d'une femme, Olga, j'immolai tout , gloire , vertu , remord ! Punis-moi , mais qu'au moins je l'arrache à la mort! Quand je l'aurai ravie à la main qui t'opprime, Tout mon sang coulera pour effacer mon crime : J'y consens ; mais qu'enfin , mes forfaits expiés...
OLGA
C'est ainsi qu'à Florence il était à mes pieds : Le bonheur m'attendait aux champs de Moscovie. J'écoulai ses discours, je lui donnai ma vie. Va-l'en !
OBOLENSKI , cherchant à l'entraîner.
Tu me suivras ; je défendrai tes jours !
OLGA
I\e crois plus me tromper.
OBOLENSKI.
Viens !
OLGA
Non!
Viens!
OLGA, égarée, s'arrachant de ses bras.
Au secours!
OBOLENSKI.
Du silence !
OLGA
Au secours !
OBOLENSKI, làcliant do raltiror.
Il faut que je t'eunnène!
OLGA , le repoussant.
Je ne veux pas mourir!
Tout est perdu.
OBOLENSKI.
Il n'est plus temps!... Hélène!...
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