‹ Œuvres complètes de M. AncelotChapitre 219 sur 560 · IG · texte numérisé non relu

IG

Ma mère, vous êtes sévère pour notre époque.

LA BARONNt;.

J'espère vous raccommoder avec elle ; et , d'abord , pour égayer cette matinée , venez avec moi ; nous ferons un tour de promenade au bois de Boulogne ; puis vous permettrez que j'entre dans quelques magasins ; je suis arriérée de trois mois sur les modes ! pas la moindre élégance à Nice !.. de vrais malades ! . . Je n'irai plus à de pareilles eaux. Je ne saurais de quinze jours me montrer dans un salon... Pendant cette retraite forcée nous ferons des lectures , de la musique; je veux me metlre au courant de tout, car après les toques d'Herbaut et les robes de Victorine , l'esprit et les talents sont encore ce qui réussit le plus dans le monde. (J .lr//a(/-.) Vous nous accompagnerez, n'est-ce pas?

ARTHUR

Pardon, mille fois!... mais je ne puis être des vôtres aujourdbui.

LA COilTESSE.

Arllmr, quels sont donc ces nouveaux amis qui occupent tout votre temps, et que je ne connais pas? Voudriez-vous , mon fils, vous éloigner de la bonne compagnie?

ARTHUR

!Ma véritable place est-elle donc au milieu des cercles futiles occupés de cbasse , de chevaux et de modes nouvelles? Aurais-je tort, à vos yeux, ma mère, si je me rapprochais de gens abaissés peut-être par la fortune , mais élevés par leurs sentiments ?

LA BARONNE, à part.

Mou Diei]i ! qu'il est devenu singulier !

Croyez, mon fils , que ma tendresse seule...

ARTHUR

"Veuillez vous en rapporter aux principes que j'ai reçus de vous, et à mon désir de vous complaire ! J'ai quelques affaires ce matin ; mais je vous reverrai bientôt.

LA COMTESSE

Vous nous donnerez votre soirée ?

LA BARONNE

Je vous montrerai les croquis (pie j'ai faits pendant mon voyage , et nous étudierons ensemble quelques airs de Meyer-Beer.

ARTHUR

Je serai à vos ordres.

LA COMTESSE

Depuis votre départ , il n'a pas ouvert un piano , ni touché un crayon : il est vrai qu'il n'était presque jamais ici ; votre séjour dans l'hôtel me procurera un double bonheur.

UN DOMESTIQUE

Madame Dutour demande si madame veut voir quelques objets qu'elle apporte.

ARTHUR , à part.

Madame Dutour ! ah , mon Dieu ! sortons. (Haut.) Permettez , mesdames , que je vous quitte.

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