‹ Œuvres complètes de M. AncelotChapitre 218 sur 560 · SCENE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIÈRE

La Baronae D'ALBY , la Comtesse D'AIGLE- MONT, LE Comte ARTHUR D'AIGLEMO-NT.

LA COMTESSE

Ma chère baronne , pour une femme qui a couru la poste durant trois jours et trois nuits , vous êtes d'une fralclieur admirable.

LA BARONNE

La joie de nous revoir me fait oublier la fatigue.

LA COMTESSE

Ce voyage à Nice vous a mise en état de défier un liiver de Paris avec tous ses bals et toutes ses fêtes ; et, pour accompagner dans le inontle une jeune veuve aussi jolie que vous , il faut avoir renoncé comme moi à toutes prétentions, avoir pris son parti d'être vieille.

LA BAIIONNE.

Vous vous êtes bien pressée.

LA COMTESSE

J'ai vu (juil y avait dans la société une place à prendre, celle de vieille femme; personne ne veut l'occuper ; je me trouv e i)ien de m'en être emparée 3vant que le monde ne mêla destinât; j'ai gagné

ainsi des amies parmi les jeunes femmes , et la connaissance que j'ai acquise de leur caractère m'aidera à diriger le choix de mon Mis : n'est-il pas \ rai ,

Ma mère ! .

ARTllLK.

LA COMTESSE

Je l'avoue , il est une espérance (pii peut encore embellir ma vieillesse ; vous la connaissez.

.\UTHLK.

Je vous en prie, ma mère !...

LA COMIESSE.

Oui, Arthur! il faut qu'une femme aiuiable el jeune vienne animer notre retraite. Chaque jour (pu s'écoule enlève quelipie chose à la gaieté de mou caractère , el le vôtre, mon ami, a tout le sérieux dfc notre époque. La raison est la folie de ce siècle.

LA BARONNE

Il me semble pourtant (ju'avec le titre de comt?, vingt-cinci ans , et (piaranle mille livres de rente.'', a de (juoi prendre la vie gaiement. Tant de gens ^om obligés d'être heureux à moins !

L\ COMTESSE

Bon 1 pense-ton à être heureux à présent :'

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