‹ Œuvres complètes de M. AncelotChapitre 23 sur 560 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

RAYMOND , ALMODAN , soldats.

ALMODAN.

Soldats de Mahomet , soutiens de mon empire ,

Contre votre soudan lorsqu'un traître conspire ,

Fidèles à l'honneur , autour de moi rangés ,

Par de nouveaux serments vous êtes engagés.

Séduit par les chrétiens , mon peuple m'abandonne ;

Mais c'est à vous , soldats , que je dois ma couronne;

Et , soumettant bientôt des sujets entraînés ,

Vous défendrez les droits que vous m'avez donnés.

Du dieu de Mahomet vous vengerez l'injure ;

Vous ne souffrirez point qu'un musulman parjure ,

Complice des chrétiens , déserteur de nos lois ,

Sur nos autels détruits ose planter la croix.

De la fidélité vous donnerez l'exemple.

Soldats, du haut des cieux Mahomet vous contemple.

Vous défendez son culte , il guidera vos coups ,

Et le bras du prophète est étendu sur vous.

Jusque dans mon palais la révolte m'assiège.

rsouradin , entouré des traîtres qu'il protège ,

Exige que Louis soit délivré par moi ,

Et qu'à ces vils chrétiens je rende enlin leur roi.

Il attend ma réponse : eh bien ! s'il ne s'arrête,

J'irai la lui porter en lui portant sa tc(e.

Allez , braves guerriers , qu'aucun péril n'altat .

Vous recevrez de moi le signal du combat.

Soyez prêts , et bientôt la ré\ olte impuissante

Courbera devant nous sa tête olKM.sanle.

(A Raymond.) Toi , demeure.

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IIAYMOIND, ALMODA.N.

nAVMO.NU.

Soudan , <iu'exigcs-lu de moi ?

Me voilà prêt.

ALMODA.N.

Visir , je puis compter sur toi '?

Tu vois (|uel est mon sort ; ta crainte est confirmée \ouradin a séduit et le peuple et l'armée ; Par ses lâches conseils mes sujets éblouis , Prêts à quitter leur dieu pour le Dieu de Louis , Vont au pied de la croix se prosterner , sans doute. Il faut les arrêter.

RVYMOiND.

Que veux-tu faire ?

ALMODAN.

Ecoute.

Par mon ordre bientôt amené devant toi , De ta bouche Louis va recevoir ma loi : Je veux , des révoltés asstn-aut la défaite , Détromper mes sujets , et les rendre au prophète. Qu'en adorant le Dieu dans lÉgypte adoré , Louis donne l'exemple à ce peuple égaré ; Qu'il choisisse aujourd'hui nolra culte , ou la tombe ; Qu'il foule aux pieds la croix , ou que sa tête tombe.

RAYMOKD.

T'approuve ton dessein.

-ALMODAN.

L'arrêt est prononcé : Qu'il vienne , el cpi'à l'instant il lui soit annoncé. Aux i)ortes du palais , visir, je vais l'attendre. Dans ma retraite encor je saurai me défendre : Pour arriver à moi , Nouradin doit marcher Sur le corps palpitant du roi <ni'il vient cherclicr.

scem: m.

IIA^MOM), H'iil.

Le voilà donc porté l'arrêl irrévocable ! Fier Louis . du soudan la fureur implaciblc INe te laisse à clioisir (pie le crime , ou la mort. L'objet de tes mépris est m.iilrcde ton <oil. Je ne verserai plus de larmct. inutiles :

LOUIS IX. — ACTE IV

Fuyez loin de mon cœur , fuyez . remords stériles. Qu'il meure !.... ou qu'à mon crime il soit associé ; Et soyons sans terreur , ainsi que sans pitié. C'en est fait.

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