‹ Œuvres complètes de M. AncelotChapitre 231 sur 560 · LA BARONNE, CHARLOTTE · texte numérisé non relu

LA BARONNE, CHARLOTTE

LA BARONNE, à part.

Elle est jolie !... mais pas de tournure !... Et c'est à cette grisette qu'il me sacrifierait ! Voyons si du mouis son esprit a été cultivé. (Haut.) Pourquoi donc, mademoiselle , vous éloignez-vous de moi ? Causons un instant. Je soupçonne que votre père vous a fait donner une éducation au-dessus de votre état.

CHARLOTTE

A moi ?. . . ô mon Dieu , non, madame !

LA BARONNE

Comment !... vous n'avez rien appris?

CHARLOTTE

Si fait ; j'ai appris à lire , à écrire , puis à coudre et à broder.

LA BARONNE

Mais , dans vos moments de loisir, la lecture...

CHARLOTTE

Mon travail ne m'en laissait pas le temps.

LA BARONNE

Âh !... Ainsi les longues visites du comte d' Aiglemont se passaient à vous parler d'amour ?

Quia pu vous le dire?

LA BARONNE

Cela se devine. Et que répondiez- vous?

CHARLOTTE

Hélas ! moi, faible et malade , je ne pouvais parler que bien peu et bien rarement. Et puis, j'avais tant de plaisir à l'écouler !

LA BARONNE

Chaque jour, il promettait de revenir le lendemain ?

CHARLOTTE

Il ne promettait rien ; mais il revenait toujours.

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