RAY.M0N
De mon crime avec moi périsse la mémoire !
LOUIS
Tu peux le réparer.
RAYMOND
En est-il encor temps ?
LOUIS
Mon fils , Dien tend les bras aux mortels repentants.
RAYJIOND.
Eh bien ! prenez pitié de ma douleiu: extrême ; Parlez ; «|ue faut-il faire ?
LOUIS
Il faut , à l'instant même , Rompre le pacte affreux qui te lie aux forfaits; 11 faut rendre au soudan ses perfides bienfaits ,
Et dans un cloître saint , caché sous le cilice , Désarmer par tes pleurs la céleste justice.
R.VYJIOND.
Oui , c'est là mon destin ; vous serez obéi. Je consacre mes jours au Dieu que j'ai trahi : Puissé-je mériter (lu'enfin il me pardonne ! Mais c'en est fait de vous , si je vous abandonne : Aux fureurs du soudan comment vous arracher ? Lui-même ici peut-être il viendra vous chercher. Il va donc sans obstacle immoler sa victime! Non. Pour vous délivrer tout devient légitime; Je cours auprès de lui. Mon roi , rassurez-vous : Il va briser vos fers , ou tomber sous mes coups ,
LOUIS
Arrête , malheureux ! quel délire l'égaré ?
RAY-MOND
Avez-vous oublié le sort qu'il vous prépare /
LOUIS
As-tu donc oid)lié qu'il compte sur ta foi ? Qu'entouré d'ennemis ile.st sacré pour toi, Qu'il t'a comblé de biens ?
RAYMOND
Quoi ! c'est vous qu'il opprime , Vous , qui sauvez ses jowrs !
LOUIS
En l'épargnant un crime.
R.\Y.VIOND.
Ainsi, sans défenseur , captif, près de périr, Vous repoussez la mam qui peut vous secourir !
LOUIS
rs'on; je puis te devoir une faveur bien chère. Tu m'as vu séparer de mon fils , de sa mère : Dis un mol , leurs prisons vont s'ouvrir à ta voix ; Je les embrasse encor pour la dernière fois.
RAYMOND
J'y cours : et s'il le faut, ipiand votre mort s'apprête, Entre la hache cl vous je placerai ma tête.
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