ACTE m
MADAME DUTOUR
Qu'est-ce que vous faites donc , ma cousine? Voilà qui est soigné... mais c'est mal de ne pas prenilre tous ces articles-là chez moi ; vous auriez meilleur marché , et tout aussi bien établi.
CHARLOTTE , avec impatiente.
C'est mon mari...
MADAME DUTOUR
Il faut lui dire d'acheter à la maison . il vaut mieux que les profils soient dans la poche de sa cousine que dans celle d'une étrangère.
CHARLOTTE , à part.
Qu'elle me fait souffrir !
PIERRE , à pari.
Pauvre femme!... Venons à son secours. ( Haut. ) Père Bertrand, puisque madame la comtesse a la bonté de se charger de ma lettre , si vous voulez venir avec moi , je vous la remettrai.
BERTRAND
Tu as raison , Pierre , il ne faut pas i)erdre de temps.
PIERRE
Madame Dutour, si vous sortez , je vous offre mon bras.
MADAME DUTOUR
Ah ! je vous remercie, et je profiterai de votre offre. Je vas terminer une affaire , comme je vous l'ai dit , ma cousine , et je serai ici dans une heure au plus tard. Je verrai donc ce qu'on appelle la bonne compagnie : c'est sans doute l'endroit où l'on s'amuse le mieux ?
MONVAL
C'est celui où l'on s'ennuie de meilleure grâce.
Allons . Pierre , donnez-moi votre bras.
BERTRAND
A revoir, ma fille ; je reviendrai l'apporter la lettre.
CHARLOTTE
A bientôt , mon père.
MADAME DUTOUR
Sans rancune, monsieur de Monval. A tout à l'heure, cousine.
PIERRE
Flecevez tous mes remerciements, madame la comtesse.
CHARLOTTE
Adieu, Pierre : nous nous reverrons.