LE COMTE, MONVAL
MONVAL, i\ pari.
Grand Dieu!... Elle part...
LE COMTE , à part.
Jamais elle ne m'a paru si belle... ( Haut. ) Eh bien ! qu'as-tu donc , mon ami ? Te voilà encore soucieux et triste... En vérité , tu deviens fou.
MONVAL
Ou sage... car je suis terriblement ennuyeux n'e.stce pas ?
LE COMTE
Pas mal... Toi qui étais si gai , qui te moquais de tout... On dit, et sans horreur je ne jmis le redire...
MONVAL
Quoi donc ?
LE COMTE
Que c'est l'amour. . . ( Monval soupire. ) Allons, c'est fini, tu es un homme perdu. On te traite donc bien mal ? on est donc bien coquette , bien capricieuse !. . .
MONVAL
Fais-moi grâce de tes conjectures , mon ami : tu es à côté de la vérité , et tu ne la rencontreras jamais... Tu ne sais pas , tu ne veux pas savoir qu'il est des femmes. . . non pas , qu'il est une femme dans le monde qui n'eut jamais un caprice , jamais un tort; qui n'a jamais compris le plaisir d'humilier une rivale , ni d'exciter l'admiration ; dont l'àme élevée n'aperçoit des petits intérêts de la vie que les maux qu'elle peut consoler , et à qui la vertu est si naturelle qu'elle n'imagine pas qu'on ait remarqué qu'elle est la plus vertueuse et la plus belle des femmes.
LE COMTE
Et toi, tuas découvert cette merveille?... Dans quel pays inconnu ?
MONVAL
Mon ami , les choses merveilleuses manquent beaucoup moins dans ce monde que les gens capables de les découvrir.
LE COMTE
Il me semble que tu nous traites avec bien du mépris, nous autres, qui avons le malheur de ne pas rencontrer de femmes parfaites. Nous sommes assez à plaindre, et tu ne devrais pas encore nous accuser... Ce n'est pas notre faute.
MONVAL
Qui sail ?
LE COMTE
Je t'assure que moi j'ai cherché, cherché...
MONVAL
Oui, tes recherclies ont été nombreuses.
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