‹ Œuvres complètes de M. AncelotChapitre 279 sur 560 · PÉPIN, SYMMAQUE · texte numérisé non relu

PÉPIN, SYMMAQUE

PÉPIN

Digne clerc , approchez : votre sagesse active Veille , depuis un an , sur le dépôt sacré Qu'à vos pieux conseils ma prudence a livré ; Germent-ils maintenant dans une àme docile?

SYMMAQUE

Du moment où votre ordre , en ce royal asile , A confié le prince à mon faible savoir. Je n'ai rien négligé pour remplir mon devoir , Et je demande au ciel que mon œuvre s'achève.

PÉPIN

Former à la vertu le cœur de votre élève , L'instruire à respecter les serviteurs de Dieu , Réjouir ses regards des pompes du saint lieu , Des bienheureux martyrs lui conter les merveilles , Et ne souffrir jamais que jusqu'à ses oreilles Parviennent des récits de guerres , de combats , Tel est votre devoir !... Vous ne l'oubliez pas?

SYMMAQUE

Seigneur , à mes leçons sa jeune âme se livre : J'enchaîne ses regards aux feuillets du saint livre, Et, sur tout autre objet appelant ses dédains , J'arrache sa pensée aux intérêts mondains , Son cœur , naïf et bon , me chérit et m'écoute , Mais, hélas !...

Qu'avez-vous ?

SYMMAQUE

Il vous souvient sans doute Que , grâce à vos bontés , il fut permis au roi De visiter naguère , accompagné par moi , Du bienheureux Denis la basilique sainte? Avant que d'arriver à la pieuse enceinte De vingt leudes sui\ is , nous traversions les champs , Où s'étaient rassemblés ces milliers de marchands , Qui viennent , chaque année , offrir à la Neustrie , Les produits de leur sol , ou de leur industrie. Le prince devant eux s'arrêtait enchanté : Le peuple, abandonnant les murs de la Cité , Sur nos pas , accourait en foule à ce spectacle ; Nous avancions à peine : et , bénissant l'obstacle , Childebert contemplait les filles des Gaulois Qu'il semblait regarder pour la première fois !

LE ROI FAINÉANT. - ACTE I

Toutes des jours de fête avaient pris la parure,

Le genêt parfumait leur blonde chevelure :

Oh ! que j'aurais voulu l'arracher de ces lieux!...

Inquiet , je tentais par des discours pieux

De ramener enfin le calme dans son âme ;

Inutiles efforts ! ses yeux lançaient la flamme ,

Il ne m'écoutait pas!... Hélas ! depuis ce jour,

La tristesse l'assiège en son royal séjour ;

Le spectacle imposant de nos cérémonies ,

Les cantiques divins, les saintes litanies,

Des instruments sacrés les sons mélodieux ,

Rien ne plaît à son coeur, rien ne charme ses yeux.

PÉPIN

Je comprends ! et d'avance , en pensant à son âge , J'aurais dû deviner l'effet de ce voyage : Nous y réfléchirons !... Je suis content de vous , Digne clerc , et bientôt je veux montrer à tous Comment le duc Pépin récompense le zèle ! Allez, à vos devoirs restez toujours fidèle. Et n'oubliez jamais qu'en vos longs entretiens Il faut à l'héritier des rois mérovingiens Faire chérir ce cahne , et ce bonheur tranquille Dont, par mes soins, Compiègne est devenu l'asile. Aux périlleux travaux qu'il demeure étranger; I\!ore dévoûment pour lui consent à s'en charger ! De nos exploits , un jour , on lui dira l'histoire , Qu il songe à ses plaisirs , j'aurai soin de sa gloire ! Aui)rès de votre élève allez !

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