‹ Œuvres complètes de M. AncelotChapitre 292 sur 560 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

CHLODSINDE, Folle de Gaulois.

PREMIER GAULOIS

Salut , fille d'Usmar , qu'on surnommait le brave 1

Vous la reconnaissez sous ses habits d'esclave ?

DEUXIÈME GAULOIS

Nous honorions ton père.

CIILODSIIVDE.

Il combattit pour vous.

PREMIER GAULOIS

Oui , contre les Germains.

CHLODSINDE.

Il tomba sous leurs coups, Et sa fille aujourd'hui gémit dans l'esclavage.

PREMIER GAULOIS

D'un peuple divisé que pouvait le courage ?

CHLODSINDE.

Sa teneur la vaincu plus que ses ennemis.

'J.ib

DEUXIEME GALLOIS

Aux ordres de Pépin le roi même est soumis.

CHLODSINDE.

Eli bien ! lassé du joug , s'il relevait sa tête ?

S'il vous disait : « A moi, Gaulois ! ma hache est prête !

» Nous avons trop langui dans un stupide effroi ;

» Debout ! Je me souviens que je suis votre roi !

» Détachez de vos murs ces lances , ces épées

.) Que dans le sang romain vos aïeux ont trempées !

M Que les brigands du nord vous retrouvent partout

» Armés, prêts au combat ! A moi. Gaulois ! debout !

1) Je peux tomber du trône, et n'en veux point descendre ! »

Vos bras oseraient-ils s'armer pour le défendre ,

Gaulois ?

PREMIER GAULOIS

Je donnerais cent ans du paradis Pour qu'il nous déli\Tàt de ces Germains maudits , Exécrables larrons qui viennent dans nos villes , Nous dépouiller !

CHLODSINDE.

Eh quoi ! toujours des vœux stériles I Tu ne me réponds pas , Gaulois : T'armerais-tu ?

PREMIER GAULOIS

Mais qui peut relever le courage abattu

D'un jeune prince au joug façonné dès l'enfance?

DEUXIÈME GAULOIS

De son peuple de Gaule a-t-il pris la défense ?

CIILODSI>'DE.

Ah! si , dès sa naissance , enfant abandonné, D'exemples corrupteurs il fut environné , Au lieu de l'accuser, Gaulois, il faut le plaindre! Mais de ce feu sacré , qu'on essaya d'éteindre , L'étincelle en son cœur se rallume , et vos yeux Le verront quelque jour digne de ses aïeux. De son réveil vengeur vous saluerez l'aurore. Espérez! espérez !... De l'aiglon , faible encore , Le regard s'est baissé devant l'astre du jour ; 11 vous semble promis aux serres du vautour!... Soudain un cri royal s'échappe et le révèle; Voyez-le s'élancer de l'aire paternelle , Voler vers son soleil , jeter partout l'effroi ; L'aigle a paru !... Les airs reconnaissent leur roi.

DEUXIÈME GAULOIS

l'^li i)ien! rompant les nœuds (jui l'enlaraient naguère, Que Childebert s'éveille et pousse un cri de guerre ! Et, comme ses aïeux, porté sur le pavois , Il régnera !

CliLODSUNDU.

Courage I

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