SCÈNE PREMIÈRE
TRELAWNEY, debout; la COMTESSE, assise près de Guilla , GUITTA , sur le divan.
GUITTA , triste et pensive.
• C'était sa femme !
LA COMTESSE
N'y pense plus, Guitta!... Le Ciel, que tu pries chaque matin avec tant de ferveur , viendra à ton secours : il effacera ce cruel souvenir.
GUITTA.
Oui, je veux l'oublier!... Mais, Trelawney, pour- (juoi m'avoir sauvée ?
TRELAWxNEY.
Voilà une une jolie question !... Une armée entière n'aurait pas réussi à m'en empêcher.
Depuis hier que s'est-il donc passé ici ?
LA COMTESSE
Les troupes étrangères ont cerné le palais au milieu du bal , le reste de la nuit s'est passé à interroger dans l'ombre et le mystère tous ceux qui étaient ici ; «luelques-uns déjà ont été relâchés; mais le comte Oroboni et ses amis les plus intimes sont encore renfermés dans une salle du palais , où personne ne peut pénétrer. J'ai lieu d'espérer pourtant qu'il n'y a contre eux aucune preuve, et que bientôt ils seront rendus à leurs familles.
TRELAWNEY , à part.
Plaise à Dieu !
LA COMTESSE
Ail! il faut fuir l'Ilalie... Nous partirons, nous irons en France , dès ipie le comte sera libre. Je t'emmènerai , Guitta; c'est convenu... avec lui !... N'est. il pas vrai que tu viendras?
(ilJITT.V , rcvciisc et distraite , prend vivement 1 1 main de la comtesse.
Oh !.. Il est impossible «pie celle froide Anglaise
l'ait jamais aimé comme moi!... Il me regrettera, n'est-ce pas ?
LA COMTESSE
Ne parlons plus de lui. ( A Trelaivneij. ) Avez-vous vu M. de Senneville ?
TRELAWNEY
Je l'attends: nous avons un rendez-vous... Eh! tenez, le voici.