SCÈNE II
TRELAWNEY, SENNEVILLE, la COMTESSE, GUITTA.
LA COMTESSE
Approchez , monsieur : on dit que vous vous préparez à partir.
SENNEVILLE
Dès que j'aurai causé quelques instants avec monsieur , s'il me reste, après cela, quelques conversations à faire , ce sera hors de ce pays.
LA COMTESSE , le tirant à l'écart.
Si je réclamais de vous un grand service ?
SENNEVILLE
Vous savez , madame , qu'un mot de vous eût empêché mon départ ! . . .
LA COMTESSE
Si je vous priais de protéger notre fuite ?
SENNEVILLE
Vous re\iondriez en Franco ?... >ous !... Oh ! madame, ma vie est à voire disposition!... si toutefois monsieur n'en a pas disposé dans un moment
r.V COMTESSE.
Que signilie cela ?
TRELAWNEY
Rien, madame!... une querelle d'enfant!... mais cela peut se remettre. ( A SeuneviUe. ) Jeune homme, c'est sans doute votre première affaire , et vous tenez à montrer votre courao:e ; c'est fort bien !... Moi, je n'ai pas les mêmes motifs , et d'ailleurs de graves intérêts demandent tout mon temps. Ecoutez donc ; nous sommes aujourd'hui au 22 mars 1823; le 22 mars 1825 je serai à Paris, nous nous reverrons, et si votre colère dure encore , nous pourrons reprendre la conversation au point où nous la laissons aujourd'hui. Touchez là!.,.
SENNEVILLE
Soit , monsieur !... (A part.] Un voyage avec elle ! Quelbonlieur !
LA COMTESSE
Viens , Guitta'... Monsieur de Senneville , donnezmoi la main; je vais vous expliquer ce que j'attends de votre obligeance : il faut quitter ce pays le plus tôt possible.
(Elles rentrent par la porte du premier plan , à gauche de l'acteur.)
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