‹ Œuvres complètes de M. AncelotChapitre 399 sur 560 · SCÈNE m · texte numérisé non relu

SCÈNE m

POTEMKIN, seul.

Commander à des millions d'hommes et trembler devant le caprice d'une femme!... craindre à chaque instant que l'amour ne m'enlève ce que l'amour seul m'adonne! quelle existence !... Non, Catherine, il n'en sera point ainsi !... tu m'as laissé poser la main sur ton sceptre ; nul autre que moi n'y touchera désormais! que ton cœur soit fragile; que la femme m'échappe, qu'importe ?... mais que je règne sur tes volontés, mais que l'impératrice me soit soumise !... Ah ! le jour viendra , sans doute , où mon pouvoir n'aura rien à redouter de ces tendres émotions , de ces caprices du cœur, auxquels je commanderai moi-même... Hélas! il faut être encore un amant heureux ! Ce jeune Polonais , ce Lowinski si fier, si brillant... il peut être dangereux !... les yeux de l'impératrice s'arrêtent sur lui avec complaisance !... je lui pardonnerais aisément l'élégance de ses manières, la beauté de ses traits. . . mais son courage , ses talents , l'élévation de son caractère , tout m'ordonne de le proscrire. Il ne se contenterait pas du rôle que je lui permettrais ; et s'il faut que Catherine ait des favoris, Potemkin ne veut point de rival! peut-être ignore-t-il encore le sentiment ([u'il inspire... peutêtre , en montrant la gloire à cette âme ardente et jeune... Essayons! voici l'heure où chaque jour il se rend au palais ; j'entends du bruit... c'est lui ! comme il est rêveur ! . . .

(Potemkin sécaite un peu dans la galerie; on ne le peid pas do vue , et il a les yeux aUacliés sur Lowinski qui vient sur le devant et entre par la gauche.)

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