CLOVIS, BATHILDE
BATHILDE
Clovis , aux portes du palais , Ton peuple , dont l'amour accuse tes délais , De son jeune monarcjue implore la présence ; C'est l'heure où , chaque jour , la douce bienfaisance, Du pauvre qui gémit consolant les douleurs , Par tes royales mains vient essuyer ses pleurs. Je ne sais , mais les vœux de ce peuple fidèle , De ce jour qu'il bénit la pompe solennelle , Tout chasse un noir présage , et déjà , près de toi , Mes yeux vers l'avenir se tournent sans effroi. Oui , poursuivi long-temps par une image affreuse , Mon cœur est rassuré. Viens, Clovis !
CLOVIS à part.
Malheureuse !
BATHILDE
Tu détournes les yeux , tu t'éloignes de moi ! Viens auprès de ton peuple , il demande son roi.
CLOVIS
Le peuple ! devant lui moi j'oserais paraître !
Qu'il porte ailleursses vœux, je nesuisplus son maître!
Juste Dieu ! quel discours !
CLOVIS
Ne m'interroge pas !
BATHILDE
Cher Clovis !
CLOVIS
Laisse-moi !
BATHILDE
Je m'attache à tes pas I
CLOVIS
Fuis un infortuné I
BATHILDE
Quel délire t'égare !
CLOVIS
Fuis ! l'ombre de ton père à jamais nous sépare : Adieu.
(Il son.)
BATHILDE
Quel trouble il jette en mon cœur déchiré ! Pourquoi ces longs soiq)irs , ce front décoloré ? II me fuit... ah ! courons... Mais quis'offre à ma vue, Grand Dieu?..
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