‹ Œuvres complètes de M. AncelotChapitre 416 sur 560 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

PAULESKA , seule

Ah ! respirons enfin I Que cette longue dissimulation est cruelle ! toujours souffrir et feindre ! sourire quand le désespoir est là ! O mon pays , quel sacrifice je t'ai fait! et quel en sera le prix ! Vivre auprès de Catherine : la fiatter pour surprendre quelques-uns de ses projets, pour lui disputer un lambeau de ma malheureuse

patrie!... Tu l'as voulu, mon père! tel fut l'ordre que tu me donnas en mourant ! j'ai obéi!... je ferai plus peut-être!... Oh ! si je pouvais rendre à la Pologne cet enfant égaré que l'ambition jette dans les fers de Catherine!... Lo^Yinski ! Lowinski!... que d'espérances s'éveillaient à ce nom! que de rêves d'avenir se sont évanouis !... Son cœur peut battre sous un uniforme russe !... ah ! sans doute il ignore ce qui se prépare?... il l'apprendra ! Il faut qu'aujourd'hui même mes soupçons s'éclaircissent ! . . . Oui , Lowinski, tu sauras tout !

AIR: C'était Renaud de Montauban.

Déjà peut-être c'en est fait , La haine achève son ouvrage ; Les rois consomment leur forfait , Et toi, tu leur vends ton courage!.,.

Sous le joug un peuple abattu Te montre sa gloire flétrie ; Il redemande une patrie!.,.

L'entendras-tu ? l'entendras- t\i ?

Page 1